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Présidentielle : le Big Data bouleverse l’approche des sondeurs

La présidentielle en France approche s’approche de jour en jour, les sondeurs se démènent pour deviner le candidat qui fera la différence. Le Big Data pourrait deviner le vainqueur…Mais pas tout de suite.

En France, Ifop, Ipsos, BVA, les cabinets de sondage se démènent comme de beaux diables lors de cette campagne présidentielle française très mouvementée.

Peu de monde aurait pu prévoir les différents coups de théâtre concernant notamment François Fillon et Marine Le Pen. Peu de monde aurait pu prévoir le gain de popularité d’un Emmanuel Macron ou d’un Jean-Luc Mélenchon. Tous ces événements conduisent à une forte volatilité de l’électorat selon les experts sondeurs.

Le journal 20Minutes vient de publier un article concernant l’apport du Big Data en comparaison des sondages. Conclusion, le Big Data transformerait doucement les approches parce qu’il permet d’assembler les données provenant des enquêtes d’opinions, des réseaux sociaux et des forums afin d’avoir un avis plus fin sur le résultat final.

Les sondeurs en quête de transformation numérique

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Des étudiants de Telecom Paris Tech ont appliqué cette méthode en mêlant les données de recherche en provenance de Google, des sondages d’opinion et des réseaux sociaux tout en se basant sur les bases socio-économiques depuis 1981. En se basant sur trois hypothèses de départ et des algorithmes, ils obtiennent un résultat contradictoire avec les derniers sondages d’opinion : François Fillon et Marine Le Pen seraient au second tour, cette dernière en tête à plus de 24 % des suffrages. Aussi surprenant soit-il, c’est la méthodologie qui est intéressante. Elle repose sur un plus grand nombre de jeux de données et des informations socio-économiques qui ne sont pas des outils utilisés par les cabinets de sondage.

De plus, ces étudiants déclarent au Point être parfaitement conscients de la perfectibilité du modèle utilisé, alors que les sondeurs peinent à dévoiler leurs statistiques brutes, ingrédient secret de leurs recettes spéciales. Les étudiants de Telecom Paris Tech évoquent par exemple une autre hypothèse, un duel Emmanuel Macron – Jean-Luc Mélanchon. Tout dépend des données utilisées, notamment en provenance de Twitter, un réseau social utilisé majoritairement par les jeunes. Les sondeurs seraient battus par des jeunes ingénieurs ? Non, ils ont également conscience du défi de la représentation électorale.

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De même, nous avions relaté l’information, un expert Big Data avait démontré la forte probabilité de victoire de Donald Trump aux États-Unis. Ce dernier oeuvrant dans le camp du candidat n’avait pas fait les mêmes erreurs que ses concurrents en remarquant que le panel de votant montrait une forte abstention de l’électorat historiquement démocrate. C’est pendant le cours de la campagne que l’analyse de données a prouvé sa valeur puisque l’analyste a pu mettre à jour au fur et à mesure de la campagne ses jeux de données.

Mais pour arriver à ce niveau de finesse, les candidats peuvent utiliser le Big Data pour influencer le résultat.

Les candidats utilisent eux aussi le Big Data

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Ces mêmes outils sont utilisés par la plupart des candidats à l’élection présidentielle française. FederaVox est une startup qui accompagne François Fillon dans sa campagne. Ici, il ne s’agit pas de prévoir le vainqueur, mais de trouver le moyen de faire un ciblage affiné des membres de l’électorat. En observant les données locales, FederaVox indique au candidat où tenir des meetings, dans quelles communes il a le plus de chance de trouver des soutiens, de former les aides de camp dans les territoires et ainsi adapter son discours en fonction de ces informations. Lieger Muller Pons, une autre startup qui a accompagné François Hollande dans sa quête du pouvoir, entre dans cette même catégorie. NationBuilder et DigitaleBox sont eux deux outils de gestion communautaire basée sur le Big Data utilisés par les . Grossièrement, nous pourrions dire que les candidats utilisent le Google Analytics de l’électorat.

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Les sondeurs doivent de leur côté prendre en compte l’utilisation de ces nouveaux outils de séduction massive. Ils en sont déjà très conscients. Appliquer les méthodologies du Big Data dans ce métier revient alors à bouleverser le modèle économique plutôt que le métier en lui-même. En effet, les médias ont pris l’habitude de commander des études pour provoquer de l’actualité quand il n’y en a pas ou pendant les périodes électorales. En réduisant le nombre de demandes, ils seraient capables de fournir un niveau de granularité supérieur permettant d’indiquer quel duel nous pourrions obtenir au second tour. Cela augmenterait le prix des sondages, mais d’autres opportunités ne sont pas à exclure.

D’ailleurs, BVA a pris le parti lors de cette campagne électorale 2017 de réaliser du suivi d’opinion en temps réel sur les réseaux sociaux. C’est au nombre de citations positives et négatives que le candidat le plus populaire est selectionné, mais le cabinet continue à fournir des sondages plus classiques en prenant en compte ces données.

Pour l’instant, personne ne peut prédire avec exactitude quels candidats l’emportera. Une chose est sûre les sondeurs se réinventent leur métier avec le Big Data.

Sources & crédits Source : Le Point, Les Echos - Crédit : Photos : Wikipedia

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