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Cloud Computing : la France investit 1,8 milliard € pour soutenir l’industrie

Le gouvernement français annonce un investissement de 1,8 milliard d’euros dans l’industrie du Cloud, avec pour objectif de permettre l’émergence de champions nationaux. Toutefois, cette stratégie se heurte à de vives critiques d’OVH, Scaleway et des autres acteurs du Cloud…

Le Cloud Computing constitue un enjeu mondial. Cette technologie révolutionnaire est désormais utilisée par les entreprises de tous les secteurs, et par des millions de particuliers. Il s’agit d’un marché colossal, dont la croissance va se poursuivre à un rythme exponentiel au fil des années à venir.

Toutefois, l’industrie du Cloud est actuellement dominée par les GAFAM américains. Les géants Amazon, Microsoft et Google se partagent le marché et ne laissent que des miettes à la concurrence.

Outre un important manque à gagner pour les acteurs français du Cloud, l’hégémonie américaine pose un problème de souveraineté. Nos données sont stockées sur des serveurs situés aux États-Unis, et nous n’avons donc plus le moindre contrôle sur ces informations sensibles. Au contraire, les Américains peuvent tirer profit de ces ressources et les exploiter à leur guise.

Dans cet épineux contexte, le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, Cédric O, était en visite le 2 novembre 2021 dans les bureaux parisiens d’OVHCloud : le leader français du Cloud qui vient de faire son entrée en bourse.

Cette visite était l’occasion d’une annonce. Le gouvernement français d’Emmanuel Macron va investir 1,8 milliard d’euros dans l’industrie nationale du Cloud Computing. Le but est de soutenir les projets de recherche, pour permettre à l’hexagone de rester compétitif à l’échelle mondiale.

La somme proviendra en partie de l’argent public français, mais aussi de l’Union européenne et de financements privés. Le gouvernement français investit 667 millions d’euros, l’UE 444 millions d’euros, et le secteur privé 680 millions d’euros.

Ce budget sera réparti entre de multiples projets de recherche et développement. Pour l’heure, 23 projets ont déjà été choisis et recevront un total de 421 millions d’euros d’argent public. Ces projets se focaliseront sur différents domaines comme le Edge Computing, et sur la formation devenue cruciale.

Selon Cédric O, l’objectif de cet investissement massif est de permettre l’émergence de  » champions industriels  » français et européens. Il estime par ailleurs que  » la bataille du Cloud n’est pas perdue « .

Une stratégie vivement critiquée par OVH et les acteurs français du Cloud

Ce projet a immédiatement suscité de vives critiques de la part d’OVHCloud, qui reste le seul fournisseur Cloud européen à se hisser dans le top 10 mondial. Le PDG Michel Paulin a reproché au gouvernement de ne pas utiliser les services Cloud des fournisseurs français.

Par le passé, le gouvernement français a déjà appelé à l’émergence d’un Cloud souverain. Aux yeux d’OVH, un fournisseur local est indispensable pour assurer le stockage des données en toute conformité avec les standards européens de confidentialité et les lois telles que le RGPD.

Récemment, le géant européen de la défense Thalès a noué une alliance avec Google afin de développer un Cloud souverain pour le stockage local des données françaises les plus sensibles. De même, Orange et Capgemini ont créé une entreprise Cloud nommée Bleu basée sur les services de Microsoft Azure.

Cette visite dans les locaux d’OVH intervient six mois après la présentation de la nouvelle doctrine du gouvernement pour un  » Cloud de confiance « . Elle avait pour objet l’annonce d’un plan de financement concret.

Or, même si ce programme est accueilli positivement, les fournisseurs de services français déplorent un message contradictoire. Selon eux, la recherche se porte bien. Leur véritable volonté est que le gouvernement français choisisse leurs services.

Le CEO d’OVH, Michel Paulin, aurait insisté sur ce point et demandé des commandes de la part du gouvernement. L’audience aurait aussitôt applaudi. Selon lui, il s’agirait d’une manière de donner l’exemple et d’encourager l’industrie européenne.

En parallèle, les acteurs français du Cloud ont aussi critiqué une priorisation des entreprises déjà établies au détriment de nouveaux fournisseurs peinant à se frayer une place.

En réalité, selon le site web Euractiv, cette réunion devait à l’origine être hébergée par Scaleway : un autre fournisseur de Cloud français. Ce dernier aurait néanmoins décliné pour des raisons de  » cohérence « . Cette décision démontre un profond désaccord entre le gouvernement et les acteurs français du Cloud…

Face à ces reproches, Cédric O a rétorqué que le protectionnisme ne fonctionne pas et que la loi européenne ne permet pas de favoriser les acteurs nationaux. Selon lui, le récent succès de la  » French Tech  » n’aurait pas eu lieu avec une politique autocratique.

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