Au Royaume-Uni, plus de 100 nouveaux datacenters envisageraient de produire leur propre électricité… en brûlant du gaz. Ces infrastructures géantes doivent soutenir l’explosion de l’intelligence artificielle.
Le problème vient apparemment du réseau électrique britannique, déjà saturé. Les opérateurs de datacenters patienteraient parfois plusieurs années avant d’obtenir un raccordement au réseau national.
Selon Stuart Okin, responsable de la régulation cyber et IA chez l’autorité énergétique britannique Ofgem, par exemple. Près de 100 GW de projets de datacenters sont actuellement en attente de raccordement.
Et pour lui, tous ne pourront clairement pas être connectés au réseau. Les entreprises doivent donc chercher d’autres solutions pour alimenter leurs installations.
Alors certains promoteurs préfèrent désormais se tourner vers des centrales à gaz installées directement sur leurs sites. Et ce, de façon permanente.
Les datacenters recourent au gaz au détriment de l’environnement
Lors de la conférence All-Energy à Glasgow, plusieurs experts ont reconnu un changement assez spectaculaire ces derniers mois.
Avant, on évitait les combustibles fossiles pour des raisons environnementales. Le gaz devait uniquement servir de solution de secours en cas de panne ou de surcharge électrique.
Maintenant, ils deviennent une option sérieusement envisagée pour soutenir la course à l’IA. Certains projets demanderaient maintenant plus de 100 MW d’alimentation au gaz de manière continue.
Silvia Simon, responsable de la recherche chez Future Energy Networks, affirme par exemple que les fournisseurs britanniques de gaz ont reçu plus de 100 demandes de raccordement en deux ans. Ce, venant d’exploitants de centres de données.
Ce n’est d’ailleurs pas qu’au Royaume-Uni. Aux États-Unis, plusieurs projets liés à l’IA reposent déjà sur des centrales à gaz. Dans le Tennessee, l’entreprise xAI d’Elon Musk a récemment été critiquée pour l’utilisation de générateurs au méthane.
Ils ont même été installés sans autorisation complète à ce qu’il paraît. Or, ces installations menacent la santé des habitants vivant à proximité.
D’autres chiffres commencent aussi à inquiéter. Selon certaines estimations, onze datacenters américains pourraient émettre davantage de carbone que le Maroc entier.
Ces centres de données sont destinés à héberger les services de Meta, OpenAI, Microsoft et xAI. Et là encore, une grande partie des émissions viendrait directement des générateurs à gaz installés sur les sites.
Comment le Royaume-Uni compte réagir ?
Les autorités promettent des réformes pour accélérer les raccordements électriques des projets jugés prioritaires. L’objectif serait notamment d’éviter que les futurs géants de l’IA ne transforment le pays en immense générateur thermique déguisé en révolution technologique.
Car sinon, cette tendance risque de compliquer sérieusement les objectifs climatiques du Royaume-Uni. Lui qui voulait réduire à moins de 5 % la part du gaz utilisé dans la production électrique nationale d’ici 2030.
Du moins, selon Julian Leslie, directeur de la planification stratégique chez l’opérateur énergétique Neso.
De leur côté, les associations environnementales commencent déjà à hausser le ton. Kat Jones, de l’organisation écossaise Action to Protect Rural Scotland, estime que certains promoteurs de centres de données agissent comme si les cinquante dernières années de recherches climatiques n’avaient jamais existé.
« Ils semblent considérer comme acquis que la production de gaz sur site serait nécessaire en raison de l’impossibilité de les connecter à notre réseau électrique congestionné. » a-t-elle ajouté
Bref, défenseurs du climat ou pas, difficile de ne pas s’inquiéter. L’IA en vaut-elle vraiment la peine ?
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