La fibre métal liquide infusée d’IA, technologie de l’EPFL, offre un monitoring précis des mouvements. Ce revêtement intègre des capteurs flexibles pour une surveillance précise des articulations, avec des applications en rééducation et robotique souple.
Dans le laboratoire FIMAP, le métal liquide n’a rien de dangereux. Il s’agit d’un alliage sûr d’indium et de gallium, souple ainsi que fluide à température ambiante. La pièce maîtresse à tisser dans les tissus de demain. La fibre est capable de rester à la fois conductrice, extensible et durable grâce à l’étirage thermique. Une technique inspirée de la fabrication de fibres optiques, qui transforme la préforme en fil souple tout en préservant sa structure interne.
Une fibre qui s’étire et joue avec vos mouvements
Le secret réside dans la structure tridimensionnelle de la fibre. Chaque gouttelette de métal liquide, intégrée à une matrice élastomère, devient active grâce à l’étirage.
Cette magie transforme une simple fibre en capteur intelligent, capable de détecter les plus petits mouvements. La matière conserve sa conductivité même lorsqu’elle s’allonge plus de dix fois, surpassant tous les textiles connectés actuels.
Stella Laperrousaz, doctorante et première auteure de l’étude, explique : « Nous pouvons décider quelles zones de la fibre deviennent actives, presque comme dessiner un circuit électrique à l’intérieur d’un fil. » Chaque fibre devient ainsi un petit capteur souple, prêt à être tissé dans des genouillères, des manchons ou même des t-shirts.
Cette fibre en métal liquide dotée d’IA combine élasticité extrême, conductivité stable et production scalable. Elle promet des vêtements qui comprennent, accompagnent et interagissent avec sa propriétaire.
Des t-shirts qui suivent vos mouvements en salle de sport aux orthèses souples pour la rééducation, les applications semblent infinies.
IA, fibre métal et vêtements qui pensent
Pour tester leur invention, les chercheurs ont créé une genouillère intelligente. Ce vêtement suit la flexion du genou pendant la marche, la course, le squat ou le saut.
La fibre détecte les mouvements, mesure l’angle de chaque articulation et peut même reconstituer la démarche complète de l’utilisateur. La prochaine étape ? Étendre cette technologie à d’autres articulations et à des pièces entières de textile.
L’intégration de l’IA permet aux fibres en métal de ne pas se contenter de transmettre des données. Les signaux électriques générés par les fibres peuvent être analysés en temps réel pour fournir des recommandations personnalisées, prévenir les blessures ou optimiser la posture. Les vêtements deviennent des partenaires actifs, intelligents et ludiques, capables de dialoguer avec le corps.
Le potentiel s’étend également à la robotique souple. Les prothèses ou les membres artificiels pourraient bénéficier de ce tissu sensoriel, offrant un retour précis et naturel aux mouvements.
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