Doctolib utilise vos données pour un projet d’IA, mais vous pouvez dire non

Doctolib lance un programme de recherche en IA avec plusieurs organismes publics. Si vous utilisez la plateforme, vos données de santé peuvent en faire partie. La bonne nouvelle, c’est que vous gardez la possibilité de vous y opposer.

L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le domaine de la santé. On ne peut plus le nier. Pourtant, lorsqu’il s’agit de données médicales, la question du consentement reste sensible. C’est justement ce qui fait débat avec le nouveau programme de recherche lancé par Doctolib en partenariat avec plusieurs organismes publics. Un détail mérite toutefois votre attention. En effet, vos données peuvent être utilisées automatiquement, sauf si vous choisissez de vous y opposer.

Doctolib intègre vos données par défaut dans son projet d’IA

Baptisé Heka, le programme de recherche en IA auquel participe Doctolib a démarré depuis début août. Le projet réunit l’Inria, l’Inserm et l’Université Paris Cité pour une durée de trois ans.

L’objectif consiste à développer des outils destinés à améliorer la recherche médicale grâce aux données de santé. Pour cela, la plateforme utilise certaines informations déjà présentes dans les dossiers des patients.

Concrètement, Doctolib utilise les ordonnances, les antécédents médicaux, les diagnostics et les traitements. La plateforme exploite aussi les courriers d’adressage et les questionnaires de santé.

Toutefois, la plateforme précise qu’elle pseudonymise ces données. Autrement dit, elle remplace votre identité directe par un identifiant, sans les rendre totalement anonymes.

Le point qui fait réagir concerne surtout le fonctionnement choisi. Cette fois, aucun accord explicite n’est demandé avant l’intégration des données. Vous participez automatiquement au programme, sauf si vous exercez votre droit d’opposition.

Vous pouvez encore refuser l’utilisation de vos données

Doctolib met à disposition un formulaire d’opposition accessible depuis son site. Vous devez simplement renseigner votre identité puis invoquer votre droit d’opposition prévu par la loi Informatique et Libertés.

En revanche, cette possibilité n’est pas illimitée. Une fois les travaux scientifiques terminés, les données déjà intégrées ne pourront plus être retirées afin de préserver la validité de l’étude.

Ce projet n’a d’ailleurs aucun lien avec les accusations formulées en juin concernant un supposé entraînement des IA de Google, Microsoft ou Anthropic. Dans le cadre de ce projet IA, Doctolib affirme collaborer uniquement avec des organismes publics français dans le cadre d’une recherche encadrée.

Malgré ces garanties, le dispositif continue de susciter des interrogations. La Ligue des droits de l’Homme évoque notamment des risques de discrimination ou de profilage en cas de fuite des données. De son côté, la CNIL indique ne pas être en mesure de se prononcer sur la légalité du dispositif à ce stade.

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