Les IA génératives et les moteurs de recherche se livrent désormais une vraie bataille d’usage, surtout chez les jeunes adultes. Selon Havas Market, un Français sur trois juge même les assistants IA plus fiables que les outils classiques.
Les Français ne testent plus l’IA comme un gadget amusant entre deux réunions. Ils l’utilisent, ils comparent, ils demandent conseil, puis parfois ils achètent. Selon la deuxième édition de l’étude Havas Market, 66 % des Français déclarent utiliser des outils d’IA générative, contre 59 % en 2025. Ainsi, l’usage sort clairement du petit laboratoire geek. Même les 55 ans et plus accélèrent, avec une hausse de 9 points en usage personnel. L’IA générative et les moteurs de recherche ne se partagent donc plus gentiment le terrain. Chez les 18-34 ans, le duel tourne déjà à l’avantage des assistants conversationnels.
L’IA devient le premier réflexe des jeunes adultes
ChatGPT reste le roi du marché personnel, cité par 81 % des utilisateurs d’IA. Chez les plus jeunes, il grimpe même à 91 %. Toutefois, le paysage se diversifie rapidement. Gemini atteint 48 % d’usage, avec une progression de 15 points, tandis que Claude gagne 11 points. En moyenne, les Français utilisent désormais deux outils d’IA. Autrement dit, ils testent, comparent, bricolent leurs habitudes. Rien n’est totalement figé.
La gratuité domine encore très largement. ChatGPT est utilisé gratuitement par 86 % de ses utilisateurs, Gemini par 88 %. Pourtant, les 18-34 ans montrent déjà une appétence plus forte pour les formules payantes. Près de 19 % d’entre eux utilisent des versions payantes, contre 12 % chez les 35-54 ans.
Le vrai séisme concerne la recherche d’information. Au global, 53 % des utilisateurs d’IA commencent encore par un moteur de recherche. Mais chez les 18-34 ans, 52,5 % déclarent utiliser d’abord une IA conversationnelle, contre 39,9 % pour un moteur classique. Ainsi, l’IA ne complète plus seulement Google. Elle devient une porte d’entrée.
Les marques découvrent un nouveau filtre commercial
Le paradoxe est assez savoureux. Les IA s’appuient souvent sur des contenus déjà publiés en ligne. Pourtant, 34 % des utilisateurs les jugent plus fiables que les moteurs de recherche et les médias traditionnels. Par ailleurs, 43 % les estiment aussi fiables. Seuls 22 % les trouvent moins crédibles. La réponse courte, propre, personnalisée et très sûre d’elle rassure. Un peu trop, peut-être.
Les usages deviennent aussi très personnels. La santé arrive en tête, avec 49 % des utilisateurs ayant déjà interrogé une IA sur ce sujet. Le tourisme, le voyage et la mobilité suivent à 38 %, devant les loisirs et la culture à 37 %. L’IA prend donc une place proche du vieux réflexe Doctissimo, mais avec une voix plus polie.
Côté commerce, l’impact devient concret. 55 % des utilisateurs déclarent avoir acheté après avoir utilisé une IA pour se renseigner. Dans le détail, 34 % sont allés en magasin, 33 % ont acheté en ligne le produit recommandé, et près de 10 % ont acheté directement via l’IA lorsque l’option existait.
Toutefois, les Français veulent garder la main. 65 % accepteraient qu’une IA compare et achète le produit le moins cher pour une référence déjà choisie. Mais ils sont moins nombreux à lui confier un choix vraiment autonome. Enfin, la publicité reste explosive. Seuls 24 % accepteraient des contenus sponsorisés pertinents. Pour Pauline Dauvel, directrice générale d’Havas Market, l’IA devient « un compagnon de recherche, de comparaison et parfois de décision ». Pour les marques, exister dans ces réponses devient donc urgent.
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