La rivalité entre les États-Unis et la Chine prend une nouvelle tournure. En effet, Moonshot AI est accusé d’avoir utilisé Claude Fable d’Anthropic pour accélérer le développement de Kimi K3.
Ce n’est pas la première guerre technologique entre les États-Unis et la Chine. Après les semi-conducteurs, les restrictions sur les puces d’IA ou encore les sanctions visant plusieurs entreprises chinoises, un nouveau front s’ouvre autour des modèles d’IA. Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, a affirmé que Moonshot AI aurait servi de Claude Fable d’Anthropic pour développer Kimi K3.
Moonshot est-il allé trop loin avec Claude Fable ?
Selon lui, Mooshot AI aurait eu recours à une distillation à grande échelle. Cette technique consiste à entraîner un nouveau modèle à partir des réponses produites par un autre, généralement plus puissant.
Utilisée dans des conditions autorisées, elle fait partie des méthodes connues dans l’écosystème de l’IA. En revanche, si elle s’appuie sur un modèle propriétaire sans autorisation, elle peut soulever d’importantes questions juridiques.
Dans un message publié sur X, Michael Kratsios parle même d’une utilisation « clandestine » visant à s’approprier des technologies américaines. Pour l’heure, ces accusations n’ont toutefois pas été étayées par des preuves rendues publiques.
Cette polémique ne tombe pas par hasard. Quelques jours plus tôt, Moonshot AI avait présenté Kimi K3. Il s’agit d’un modèle open weight de 2 800 milliards de paramètres que l’entreprise décrit comme l’un des plus importants jamais publiés dans cette catégorie.
Selon Moonshot, ses performances rivalisent avec les meilleurs modèles américains, notamment dans le raisonnement et la programmation. Cette montée en puissance de l’écosystème chinois inquiète ouvertement Washington.
Un duel tendu au sommet de la technologie
D’après Reuters, le département d’État américain mène depuis avril une campagne diplomatique sur cette question. Washington dénonce ce qu’il considère comme des tentatives répétées de sociétés chinoises pour s’approprier la propriété intellectuelle de laboratoires américains spécialisés dans l’IA.
Moonshot AI figure parmi les entreprises citées dans ces démarches. L’affaire arrive également peu de temps après le retrait des modèles Claude Fable et Mythos par le gouvernement américain pour des raisons de sécurité. Ce calendrier renforce encore la portée politique des nouvelles accusations.
Par ailleurs, L’affaire divise déjà les observateurs. Les partisans de la position américaine estiment que protéger les modèles d’IA les plus avancés devient indispensable face à une concurrence internationale de plus en plus agressive. À l’inverse, plusieurs critiques rappellent que les entreprises américaines ne sont pas exemptes de controverses concernant les données d’entraînement.
Anthropic, par exemple, a récemment conclu un accord financier lié à l’utilisation de livres piratés dans le cadre d’un litige sur les données ayant servi à entraîner ses modèles. Ce précédent pousse certains observateurs à appeler à une approche plus équilibrée lorsque les accusations de propriété intellectuelle sont portées contre des concurrents étrangers.
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