Une simple phrase a suffi à enflammer les réseaux. En quelques heures, certains affirmaient que Mythos avait piraté la NSA. La réalité est pourtant tout autre.
.« L’IA d’Anthropic Mythos a piraté la NSA. » Depuis quelques jours, cette affirmation tourne à toute vitesse sur X, Reddit et d’autres plateformes. De quoi imaginer qu’une IA a réussi à mettre en échec l’agence de renseignement la plus puissante des États-Unis. Sauf que cette version est loin de refléter les faits. Une citation sortie de son contexte a suffi à transformer un simple exercice de cybersécurité en prétendu piratage de la NSA. Pourtant, l’opération était entièrement autorisée.
Pourquoi tout le monde a cru que Mythos avait piraté la NSA ?
Tout commence avec un article publié le 14 juin par The Economist. Le magazine y rapporte une déclaration du sénateur américain Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement du Sénat.
Lors d’une audition, ce dernier explique avoir été informé par le général Joshua Rudd, responsable de la NSA et du Cyber Command américain. Selon ce dernier, le modèle Mythos d’Anthropic avait pénétré « la quasi-totalité des systèmes classifiés » de l’agence, « non pas en quelques semaines, mais en quelques heures ».
Sortie de son contexte, la phrase fait immédiatement le tour d’Internet. Beaucoup comprennent alors que Mythos a réussi à infiltrer les systèmes de la NSA comme le ferait un pirate informatique. En réalité, ce n’était pas du tout le scénario.
Il s’agit d’un test. Celui-ci s’inscrivait dans le cadre du projet Glasswing, un programme confidentiel mené avec les agences de renseignement américaines. Son objectif était d’utiliser des modèles d’IA pour repérer les vulnérabilités de logiciels critiques avant que de véritables attaquants ne puissent les exploiter.
Autrement dit, la NSA a volontairement confronté Mythos à une copie contrôlée de son environnement informatique. Il ne s’agissait donc ni d’un piratage réel, ni d’une intrusion extérieure.
Un polémique qui a pourtant eu de vraies conséquences
L’Associated Press apporte d’ailleurs une précision importante. Selon un responsable américain cité anonymement, Mythos a effectivement identifié certaines vulnérabilités en quelques heures.
En revanche, détecter une faiblesse ne signifie pas être capable de l’exploiter immédiatement. Cette distinction est essentielle, mais elle s’est perdue au fil des partages.
Même le journaliste de The Economist, Shashank Joshi, à l’origine de la citation devenue virale, est revenu sur l’interprétation de ses propos. Il a expliqué que son article décrivait un exercice de red team très spécifique, où le modèle fonctionnait avec d’autres outils et dans des conditions soigneusement préparées.
Mais le problème c’est que si la rumeur est fausse, l’affaire, elle, est bien réelle. Car les performances de Mythos ont alimenté les inquiétudes. Ce mois-ci, Anthropic a d’ailleurs reçu l’ordre de suspendre les exportations de ses modèles Mythos et Fable. Washington estime que cette mesure est nécessaire pour protéger la sécurité nationale.
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