Sam Altman a réagi avec agacement aux questions sur les revenus modestes d’OpenAI comparés à ses investissements colossaux en IA.
L’interview se tient dans l’épisode du podcast BG2 Pod animé par Brad Gerstner, avec les invités Sam Altman et Satya Nadella, diffusé le 30 octobre 2025. « Comment une entreprise avec environ 13 milliards de dollars de revenus peut-elle engager 1 400 milliards de dollars de dépenses ? ». Face à cette question, Altman a perdu son calme. Ce moment viral expose l’inquiétude sur le modèle économique d’OpenAI et aussi la bulle spéculative autour de l’IA.
Une question simple, une réponse explosive
Brad Gerstner, investisseur de longue date et actionnaire d’OpenAI, posa ce qu’il appelle « la plus grande question du moment ». Comment une entreprise qui réalise environ 13 milliards de dollars de revenus peut s’engager à dépenser 1 400 milliards de dollars pour son infrastructure.
Cette somme extravagante correspond aux engagements qu’OpenAI prévoit pour financer la prochaine génération de calculs nécessaires à l’AGI. Altman encaisse mal la remarque. Le ton se durcit. « Si vous voulez vendre vos actions, je vous trouverai un acheteur. Ça suffit. » lâche-t-il.
L’investisseur, surpris, rit nerveusement. Altman poursuit, plus agacé encore : « Beaucoup de ceux qui critiquent nos dépenses seraient ravis d’acheter des actions. Nous pourrions vendre les vôtres très vite à ceux qui s’excitent sur Twitter. »
Le dirigeant d’OpenAI ressent une pression intense, contraint d’expliquer des dépenses colossales alors que les revenus demeurent insuffisants.
Effectivement, OpenAI dépense sans compter pour bâtir l’infrastructure capable de soutenir son rêve d’une AGI. L’entreprise multiplie les partenariats géants : Nvidia pour les puces, Oracle et AMD pour la puissance de calcul, AWS pour les serveurs.
Le dernier accord, annoncé le lundi précédent l’interview, prévoit un partenariat de 38 milliards de dollars avec Amazon Web Services. Ces investissements colossaux dépassent largement les revenus générés d’OpenAI.
Des ambitions démesurées, des pertes abyssales
Selon Microsoft, partenaire et principal investisseur d’OpenAI, la société aurait perdu près de 11,5 milliards de dollars au dernier trimestre. Un gouffre qui interroge, d’autant que ChatGPT, son produit phare, semble atteindre un plateau. Seuls 5 % de ses 800 millions d’utilisateurs actifs paient un abonnement.
Malgré tout, Altman continue d’afficher une confiance inébranlable. « Nous faisons un pari sur la croissance. Nous pourrions échouer, mais c’est le risque que nous prenons. » dit-il.
Selon le PDG d’OpenAI, ne pas investir massivement reviendrait à se priver de revenus futurs : « Si nous n’avons pas la puissance de calcul, nous ne pourrons pas générer le chiffre d’affaires attendu. »
La firme californienne n’est pas cotée en bourse, ce qui lui permet de garder secrets ses chiffres réels. Altman conteste d’ailleurs les 13 milliards de revenus évoqués par Gerstner sans fournir d’estimation précise. Il se contente d’assurer que le chiffre d’affaires « croît rapidement » et que l’entreprise « parie ouvertement sur cette croissance ».
Ce pari colossal s’appuie sur plusieurs projets : le développement de ChatGPT, la commercialisation d’appareils grand public, l’expansion du cloud OpenAI et l’automatisation de la recherche scientifique.
Promesses de revenus d’OpenAI
L’entreprise prépare aussi la monétisation de Sora, son application de génération vidéo par IA, en proposant des versions payantes. Dans les coulisses, OpenAI finalise sa restructuration et renforce ses liens avec Microsoft.
Des rumeurs font état d’une introduction en bourse imminente, susceptible de valoriser l’entreprise à près de 1 000 milliards de dollars. Satya Nadella, PDG de Microsoft et présent lors du podcast, a même éclaté de rire lors de la réplique cinglante d’Altman, avant de saluer la « performance exceptionnelle » de son partenaire.
L’épisode rappelle aussi le climat d’euphorie et de tension qui entoure le secteur de l’intelligence artificielle. Le refrain de la bulle spéculative de l’IA passe en boucle.
Les entreprises technologiques multiplient les annonces d’investissements massifs. Meta, par exemple, a reconnu « front-loader » ses dépenses en puissance de calcul, anticipant des besoins futurs.
Altman lui-même admet que les investisseurs se montrent « surexcités » et qu’une telle frénésie pourrait faire perdre à quelqu’un « une somme d’argent phénoménale ».
L’analyste Stacy Rasgon, de Bernstein Research, va plus loin. Selon lui, Sam Altman détient aujourd’hui « le pouvoir de faire s’effondrer l’économie mondiale pendant une décennie ou de la conduire vers un avenir radieux ».
- Partager l'article :
