Surveiller un assistant IA, c’est pratique. En surveiller cinq en même temps, beaucoup moins. DeepSeek a donc décidé de s’attaquer à ce problème avec un projet baptisé « super agent ».
Jusqu’ici, les agents IA ont surtout gagné en compétences. Ils savent rédiger des messages, organiser des rendez-vous, produire des rapports ou encore écrire du code. Mais leur multiplication oblige quelqu’un à toujours vérifier ce qu’ils font.
Dans un article technique publié samedi, l’équipe DeepSeek Harness explique que cette supervision limite les gains de productivité. Selon ses estimations, une personne peut généralement gérer trois à cinq sessions d’agents actifs simultanément.
Mais alors, que propose DeepSeek ?
Pour sortir de cette impasse, DeepSeek propose de confier la coordination à un agent central. Celui-ci distribuerait les différentes missions à plusieurs agents autonomes, qui pourraient travailler en parallèle sur leurs tâches respectives.
Chaque agent transmettrait ensuite ses avancées au coordinateur. Ce dernier pourrait ainsi suivre l’ensemble des opérations sans demander à un humain de vérifier chaque étape. L’intervention humaine se concentrerait davantage sur les décisions importantes et la validation des résultats.
Mais DeepSeek ne veut pas uniquement automatiser la distribution du travail. Son système vise aussi à permettre aux agents de prendre des initiatives lorsqu’ils repèrent un événement intéressant.
Par exemple, si quelqu’un signale un bug dans une conversation de groupe, un agent pourrait détecter le problème, tenter de le reproduire et chercher une correction. Il n’aurait pas besoin d’attendre qu’un développeur lui attribue officiellement cette mission.
S’il trouve une solution, il pourrait soumettre une proposition de modification du code pour validation. Dans le cas contraire, il resterait discret.
Super agent : plus d’autonomie, mais aussi plus de risques
Eh bien, cette organisation pourrait accélérer certaines opérations. Lors de ses expérimentations, l’équipe affirme par exemple avoir terminé une tâche en moins de 16 minutes avec son approche, contre plus de 29 minutes avec une méthode traditionnelle.
Le résultat est assez intéressant, non ? Bien sûr, quelques réserves subsistent. DeepSeek ne cache d’ailleurs pas les difficultés liées à son projet. L’entreprise pointe notamment les risques de sécurité et de confidentialité.
Un agent connecté à plusieurs services pourrait être manipulé par des instructions malveillantes et compromettre les systèmes auxquels il accède.
Quoi qu’il en soit, pour l’instant, le super agent reste une expérience de recherche. DeepSeek a publié un prototype open source sur GitHub, mais ne le présente pas comme un logiciel prêt à être commercialisé ou utilisé à grande échelle.
L’initiative s’inscrit dans une compétition qui prend de l’ampleur. Claude Code d’Anthropic et Codex d’OpenAI savent déjà prendre en charge des opérations de développement complexes. DeepSeek cherche maintenant à aller plus loin en automatisant aussi la coordination entre les assistants.
- Partager l'article :
