En Corée du Sud, utiliser l’IA pourrait bientôt devenir aussi banal que profiter de l’eau ou de l’électricité. Le pays prépare un projet qui permettrait à chaque citoyen d’accéder gratuitement et sans limite à un chatbot d’IA.
L’idée est vraiment de faire de l’IA un service accessible à tous, plutôt qu’un outil réservé à ceux qui peuvent payer un abonnement. Le ministère sud-coréen des Sciences et des TIC a dévoilé cette initiative baptisée « IA pour tous » le 13 juillet.
IA pour tous en Corée du Sud : comment ça va se passer ?
Le projet prévoit deux usages bien distincts. Le premier est un chatbot généraliste. Il répondra aux questions du quotidien comme n’importe quelle IA moderne.
Le second, en revanche, est un assistant qui accompagnera les citoyens dans leurs démarches administratives. Il les aidera à trouver les bons services publics ou à remplir certains formulaires.
Deux ou trois entreprises privées seront sélectionnées pour développer ces services. Une version bêta devrait être disponible d’ici la fin du mois de septembre. Le lancement officiel est prévu avant la fin de l’année 2026.
Pour soutenir cette initiative, le gouvernement mettra à disposition jusqu’à 512 GPU Nvidia B200. Il demande aussi aux entreprises partenaires de participer au financement du projet.
Mais la Corée du Sud ne veut pas seulement offrir un chatbot gratuit. Elle souhaite aussi renforcer son industrie locale de l’intelligence artificielle. C’est pourquoi au moins 50 % de chaque service devra fonctionner avec des modèles développés dans le pays et répondant aux critères fixés par le ministère.
Les entreprises qui utiliseront leurs propres modèles devront également s’appuyer, à plus de 30 %, sur d’autres sociétés sud-coréennes spécialisées dans l’IA. Les technologies étrangères pourront être utilisées pour compléter certaines fonctions. Cela dit, elles ne bénéficieront d’aucune aide financière de l’État.
Pourquoi une telle initiative ?
C’est simple. Cette stratégie vise à limiter la dépendance du pays envers les grandes plateformes internationales. En développant ses propres modèles, la Corée du Sud espère conserver la maîtrise de cette infrastructure numérique.
Et en prime, elle évite qu’un fournisseur étranger puisse, un jour, restreindre l’accès à un service devenu essentiel. Comme ce qui s’est passé il y a quelques semaines avec Fable 5 d’Anthropic et GPT 5.6 d’OpenAI.
Quoi qu’il en soit, le financement public est déjà prévu jusqu’à la fin de l’année 2030. En revanche, ce qui se passera après 2027 dépendra des évaluations annuelles du programme et des futurs budgets votés par le gouvernement.
La gratuité semble donc assurée pour les premières années. Cependant, son maintien à très long terme reste encore à confirmer.
Les entreprises intéressées ont jusqu’au 11 août pour déposer leur candidature. Alors, si tout se déroule comme prévu, la version bêta de septembre permettra de découvrir les premiers résultats de cette initiative.
Et si l’expérience sud-coréenne s’avère concluante, d’autres pays pourraient suivre cet exemple. Pourquoi pas la France, où l’on parle de plus en plus de souveraineté numérique et d’IA européenne ?
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