Face à Washington, les géants de la tech signent un appel massif pour une IA ouverte 

Alors que Moonshot AI s’apprête à publier, ce 27 juillet, les poids de son modèle Kimi K3, le débat entre IA ouverte et modèles propriétaires reprend de plus belle. 

D’un côté, les géants américains misent sur des modèles fermés, jalousement protégés et soutenus par Washington. De l’autre, un nombre croissant d’acteurs de la tech défend l’idée que les modèles à poids ouverts sont indispensables à l’avenir de l’IA. 

Dans une lettre ouverte, plusieurs entreprises majeures du secteur choisissent le deuxième camp. De son côté, Jensen Huang, PDG de NVIDIA, estime même que l’écosystème a besoin à la fois des meilleurs modèles propriétaires et des meilleurs modèles ouverts. 

Pourquoi les géants de la tech défendent les modèles ouverts ?

Tout simplement parce que selon eux, les modèles à poids ouverts offrent plusieurs avantages. 

Ils permettent aux entreprises, aux universités, aux administrations et aux startups d’accéder à des modèles performants. Et ce, sans avoir à développer les leurs ni à dépendre exclusivement de solutions propriétaires souvent coûteuses. 

Ces modèles facilitent aussi le contrôle des données grâce à une exécution en interne. Ils réduisent la dépendance envers quelques fournisseurs. Et surtout, ils renforcent la souveraineté numérique ainsi que la transparence de la recherche

Les défenseurs de l’initiative reconnaissent toutefois que l’ouverture n’est pas sans conséquences. Une fois les poids publiés, leurs créateurs perdent le contrôle sur leur diffusion, leur modification ou leur utilisation. 

Ces modèles peuvent également être détournés pour mener des cyberattaques, produire de fausses informations ou contourner certaines protections. 

À cela s’ajoutent des contraintes techniques 

En effet. Car télécharger les poids d’un modèle ne suffit pas. Il faut disposer d’une infrastructure suffisamment puissante pour l’exécuter, le maintenir et le sécuriser. Les nombreuses variantes créées par la communauté peuvent également compliquer le déploiement des correctifs de sécurité. 

La question de la distillation fait aussi débat. Cette technique, qui consiste à entraîner un modèle à partir des réponses générées par un autre, est notamment au cœur des critiques adressées à Kimi K3. 

Les signataires estiment cependant qu’il s’agit d’une pratique courante et essentielle au progrès des grands modèles de langage. Selon eux, la distillation ne devrait pas être assimilée systématiquement à du vol.

Cela, même si les usages illégaux doivent naturellement être encadrés par des règles juridiques adaptées plutôt que par une interdiction générale. 

Une coalition de plus en plus imposante 

Au lancement de l’initiative, la lettre ne comptait que 25 signataires. Parmi eux figuraient NVIDIA, Microsoft, Mozilla, Meta, Mistral, Hugging Face, Perplexity, Palantir, Dell, IBM, la Linux Foundation, Box ou encore CrowdStrike. 

Tous rappellent que les logiciels open source constituent déjà une pierre angulaire. Et ce, d’Internet mais aussi de nombreux systèmes critiques utilisés à travers le monde.  

L’absence de poids lourds comme OpenAI, Google ou Anthropic avait été remarquée. Mais la situation a rapidement évolué. 

Après avoir déclaré qu’il souhaitait voir les États-Unis s’imposer aussi bien avec des modèles ouverts que propriétaires, Sam Altman a finalement fait rejoindre OpenAI à la coalition. 

Dans la foulée, Google, AMD, Cisco, Cloudflare, GitHub, SpaceX, Palo Alto Networks, Ollama et de nombreuses autres entreprises ont également signé le texte. 

En seulement quelques jours, le nombre de soutiens est ainsi passé d’une vingtaine à près de 80 entreprises et organisations. Amazon et Anthropic figurent désormais parmi les rares grands noms du secteur qui n’ont toujours pas rejoint cette mobilisation en faveur des modèles ouverts. 

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