La reprise de Like a Prayer par Josh Fawaz domine les radios australiennes et Spotify. Pourtant, plusieurs experts soupçonnent une chanson générée par IA, sans transparence claire pour les auditeurs.
Josh Fawaz est passé d’artiste discret à phénomène mondial grâce à une reprise devenue incontournable. Sa version de Like a Prayer domine le classement national des diffusions sur les radios australiennes.
Elle cumule trente-cinq millions d’écoutes Spotify et dirige également le classement électronique mondial d’iTunes. Pourtant, plusieurs producteurs et chercheurs doutent désormais de l’origine réellement humaine de cette chanson.
Fawaz est crédité comme interprète, tandis que son oncle Fadi assure synthétiseurs et production. Cependant, des spécialistes reconnaissent plusieurs caractéristiques associées aux générateurs musicaux comme Suno.
Sam Whiting, chercheur au RMIT, évoque notamment une compression sonore particulièrement forte dans l’enregistrement. « Si elle a été interprétée par un humain, c’est une performance vocale très impressionnante », affirme-t-il. Dans le cas contraire, ce succès interrogerait directement la valeur encore accordée à l’expression humaine.
Une chanson générée par IA derrière un succès spectaculaire
Les logiciels musicaux occupent depuis longtemps une place centrale dans les studios et productions commerciales. Les artistes corrigent les voix, modifient la hauteur, mixent et masterisent numériquement leurs différents morceaux.
Toutefois, l’intelligence artificielle générative peut fabriquer voix, arrangements et structure depuis une simple consigne. Fawaz affirme seulement utiliser « l’IA comme un outil » pour servir directement ses auditeurs. Cette réponse ne précise pourtant ni l’importance de cette aide, ni l’origine exacte des voix.
Son passage aux reprises a néanmoins transformé rapidement une carrière jusque-là relativement confidentielle. Après Like a Prayer en avril, il a publié Dance Like Nobody’s Watching, comprenant dix-huit titres.
L’album revisite notamment Wonderwall d’Oasis et Girls Wanna Have Fun de Cyndi Lauper. Ces versions dansantes semblent parfaitement calibrées pour les clubs, playlists virales et vidéos courtes. L’album a ainsi atteint la dix-huitième place du classement ARIA consacré aux artistes australiens.
Le producteur Needs No Sleep affirme reconnaître des batteries bâclées et plusieurs artefacts vocaux suspects. Selon lui, la musique générée par IA constitue désormais « le plus gros problème » musical. Il redoute surtout que ces titres captent des royalties nécessaires aux artistes composant réellement leurs œuvres.
Les radios australiennes profitent encore d’un vide réglementaire
Depuis le 1er juillet, les radios australiennes doivent signaler certaines voix synthétiques diffusées à l’antenne. Cependant, cette obligation de transparence ne s’applique pas aux chansons ni à leurs interprètes.
Les stations peuvent donc programmer une musique générée par IA sans informer clairement leurs auditeurs. ARN, Nova Entertainment et Southern Cross Austereo n’ont communiqué aucune politique précise sur cette question.
Par ailleurs, les géants technologiques réclament un assouplissement des règles australiennes concernant le droit d’auteur. Ils souhaitent utiliser davantage de créations locales pour entraîner leurs futurs modèles d’intelligence artificielle. Les musiciens craignent donc une exploitation sans autorisation, compensation suffisante ou véritable transparence publique.
Madonna Ciccone et Patrick Leonard restent néanmoins les auteurs originaux protégés de Like a Prayer. Les organismes australiens confirment qu’ils percevront normalement toutes les redevances publiques liées à cette reprise.
Le phénomène dépasse toutefois ce morceau, puisque plusieurs chansons générées par IA dominent déjà certains classements. Certaines maisons de disques concluent même des accords avec des entreprises spécialisées dans cette technologie.
Pour Whiting, streaming et TikTokisation ont habitué les auditeurs à consommer sans questionner la provenance. Les radios australiennes auraient ainsi promu massivement ce titre sans examiner sérieusement sa véritable origine.
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