Entre deux séances au tribunal face aux grandes maisons de disques, Suno affine son outil musical. Le nouveau modèle, Suno v5, succède à la v4.5+ et affiche des progrès indéniables.
Moins d’artefacts, des instruments mieux séparés, des structures plus variées, bref, l’IA a fait ses devoirs. Cependant, même si les mixages gagnent en clarté et les arrangements en complexité, quelque chose sonne encore bizarre.
Qu’est-ce que Suno v5 a de mieux que son prédécesseur ?
La grande fierté de Suno v5 se situe dans la clarté des mixages. Là où les versions précédentes mélangeaient guitare, basse et synthés, la nouvelle mouture nettoie tout. Les morceaux gagnent en précision, chaque instrument trouve sa place et l’ensemble respire davantage.
Lors d’une démonstration, Henry Phipps, chef de produit chez Suno, a même réussi à reproduire un synthé-flûte avec un effet delay stéréo naturel. Pour lui, c’était une première, la preuve que le modèle commence à comprendre l’identité des sons.
L’une des réussites de Suno v5 se remarque aussi dans les arrangements. Alors que la v4.5+ enchaînait couplets et refrains dans une boucle monotone, la nouvelle version propose davantage de variations.
On découvre des intros travaillées, des ponts multiples, des breakdowns bien placés et une progression musicale plus naturelle. Le morceau évolue davantage, créant un arc narratif qui se rapproche du travail d’un vrai compositeur.
Suno v5 : une composition intelligente et un workflow créatif optimisé
Suno v5 offre désormais une architecture de composition intelligente qui permet à l’IA de mieux comprendre et structurer les morceaux, en anticipant les transitions entre les sections et en créant des arrangements plus cohérents et dynamiques. La mémoire d’instrument et de voix persistante permet au système de reconnaître et de reproduire fidèlement des sons spécifiques tout au long d’un projet, ce qui facilite la continuité dans les compositions complexes.
Par ailleurs, l’interface a été repensée pour simplifier le workflow créatif, offrant une expérience plus fluide et intuitive pour les utilisateurs. Cette interface intègre des outils de contrôle précis sur la dynamique, le timbre et l’expression des instruments et des voix, permettant aux musiciens et producteurs de personnaliser leurs créations tout en exploitant la puissance de l’IA. De plus, Suno v5 propose des fonctionnalités avancées de collaboration et de remix, rendant possible le partage et la modification simultanée de projets par plusieurs utilisateurs, ce qui transforme l’outil en une véritable plateforme professionnelle pour la production musicale assistée par intelligence artificielle.
La qualité audio y est, mais pas le cœur
Malgré ces indéniables progrès, il manque l’étincelle. On se retrouve avec des morceaux parfaitement équilibrés. Mais tout semblait trop net, trop poli. Et, cette obsession du “propre” devient finalement le talon d’Achille de Suno v5.
Car la musique, surtout celle qui marque, n’est pas seulement affaire de justesse. Ce sont les voix cassées, les guitares désaccordées et les silences gênants qui donnent vie à un morceau. En tentant d’effacer toutes les imperfections, l’IA gomme aussi la part humaine qui rend une chanson inoubliable.
La même impression se dégage des tests réalisés avec des genres spécifiques. Demandez un rock indé lo-fi des années 90, et Suno v5 répond avec un rock surproduit digne des Arctic Monkeys. Le résultat est propre, puissant, mais éloigné de l’esprit recherché.
On voulait Pavement, on obtient un produit de stade. L’algorithme sait que ça doit sonner rock. Toutefois, il ne comprend pas ce qui rend un enregistrement sale et touchant.
Le constat est identique pour le krautrock. Là où la v4.5+ parvenait à restituer une certaine fidélité aux années 70, la v5 modernise tout. Elle y ajoute des couches synthétiques façon années 80.
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