900 millions d’utilisateurs actifs chaque semaine. C’est le chiffre annoncé par OpenAI en février 2026. Un an plus tôt, la barre plafonnait à 400 millions. La croissance a donc plus que doublé en douze mois. Pour mesurer l’ampleur, 10 % de la population mondiale utilise désormais ChatGPT, selon Sam Altman. Ce chiffre inclut les appels via l’API, pas seulement le site web. L’ARR – ou revenus annualisés récurrents – est la métrique reine des logiciels en ligne. OpenAI affichait un ARR de 25 milliards de dollars en février 2026, avec une projection à 29,4 milliards pour l’année complète.
Sur le plan financier, OpenAI a levé des fonds considérables au fil des années. Le dernier tour de table, clos le 31 mars 2026, a rapporté 122 milliards de dollars. La valorisation post-money atteint 852 milliards de dollars.
OpenAI n’est plus un simple laboratoire. C’est un moteur économique mondial. Pourtant, tout a commencé en 2015 avec une poignée de chercheurs.
En bref,
- Les chiffres : 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires, ARR de 25 Mds $ (projection 29,4 Mds $), valorisation 852 Mds $ après levée de 122 Mds $— IPO déposée le 8 juin 2026 visant 1 000 Mds $.
- La gamme : GPT-5.5 (agentic workflow, 23 avril) et GPT-5.5 Instant (gratuit par défaut depuis le 5 mai, -52,5% d’hallucinations) — Sora fermé (coûts de 15 M$/jour), GPT-4o, GPT-5.1 et autres modèles retirés progressivement.
- Les changements majeurs : conversion en PBC (28 octobre 2025), fin de l’exclusivité Microsoft (27 avril 2026), lancement de GPT-5.5-Cyber (7 mai) et GPT-Rosalind (16 avril, sciences du vivant) — procès Musk perdu (18 mai 2026), mais procès NYT en cours pour violation du droit d’auteur.
Histoire : de la fondation à la PBC (2015-2026)
Voici les étapes clés qui ont façonné l’entreprise.
- 2015 — Fondation à but non lucratif par Sam Altman, Elon Musk, Greg Brockman, Ilya Sutskever et d’autres.
- 2018 — Départ d’Elon Musk du conseil d’administration (conflit d’intérêt avec Tesla).
- 2019 — Création d’une filiale commerciale. Premier investissement de Microsoft : 1 milliard de dollars.
- 2020 — Lancement de GPT-3 (mai). Accès à l’API en juin.
- 2022 — Lancement de ChatGPT (30 novembre). Succès planétaire immédiat.
- 2023 — Crise de gouvernance : Sam Altman est limogé puis réintégré cinq jours plus tard (novembre). Lancement de GPT-4.
- 2024 — Départs des cofondateurs Ilya Sutskever et Jan Leike. Lancement de GPT-4o (mars).
- 2025 — Conversion en Public Benefit Corporation (PBC) finalisée le 28 octobre.
- 2026 — Dépôt de l’introduction en bourse (IPO) le 8 juin. 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Lancement de GPT-5.5 (23 avril).
Gouvernance : une structure unique entre non‑lucratif et business
Fondée en 2015 comme organisation à but non lucratif, OpenAI a dû évoluer pour financer ses recherches. En 2019, la filiale commerciale voit le jour. Microsoft injecte un milliard de dollars. En échange, il obtient une licence exclusive sur les modèles.
L’épisode le plus spectaculaire survient en novembre 2023. Le conseil d’administration limoge Sam Altman. Motif officiel : “manque de transparence”. En réalité, une lutte de pouvoir entre l’aile sécurité et l’aile business. Cinq jours plus tard, Altman revient, soutenu par Microsoft et les employés.
Une Public Benefit Corporation (PBC) est une société commerciale qui inscrit dans ses statuts une mission d’intérêt général. OpenAI Group PBC (enregistrée dans le Delaware) peut lever des fonds comme une entreprise classique, mais doit équilibrer profit et bien public. La fondation historique (OpenAI Foundation) conserve un rôle de contrôle.
Le 28 octobre 2025, OpenAI finalise sa conversion en PBC. Microsoft détient 27 % du capital (selon des rapports de presse, non confirmés officiellement). La fondation historique garde la supervision. Une “Safety and Security Committee” peut bloquer un modèle dangereux.
Pourquoi cela compte ? OpenAI doit concilier rentabilité, mission sociale et sécurité. La PBC est un compromis innovant.
Modèles disponibles : la gamme expliquée en détail
OpenAI a profondément remanié son offre cette année. Certains modèles disparaissent, d’autres naissent, et l’utilisateur lambda s’y perd un peu. Voici ce qu’il faut retenir.
GPT-5.5 et GPT-5.5 Instant : les nouveaux piliers
GPT-5.5 est arrivé le 23 avril 2026. Ce n’est pas juste un moteur de texte amélioré. Il planifie tout seul des tâches complexes. Imaginez : vous lui dites « organise mon voyage à Paris avec un budget serré ». Il ne vous balance pas une liste générique. Il décompose l’action, cherche les vols, compare les hôtels, calcule les coûts, puis vous présente un plan clair. C’est ce qu’OpenAI appelle « l’agentic workflow ». Le modèle excelle aussi en code, en analyse de données et en rédaction de documents longs. Avant sa sortie, près de 200 partenaires l’ont testé dans des secteurs comme la finance, les logiciels ou la découverte de médicaments.
GPT-5.5 Instant est devenu le modèle par défaut gratuit le 5 mai 2026. Sa spécialité, c’est la rapidité. Il répond plus vite, et surtout il invente moins n’importe quoi. OpenAI affirme une réduction des hallucinations de 52,5 % dans les domaines sensibles – médecine, droit, finance. Concrètement, si vous lui demandez un conseil juridique ou une posologie, il y a deux fois moins de chances qu’il vous raconte une absurdité.
Privacy Filter : un outil open source pour la vie privée
Entre ces deux lancements, les 22 et 23 avril, OpenAI a publié un outil très utile : le Privacy Filter. Il est en open source sous licence Apache. Ce filtre détecte et supprime automatiquement les données personnelles dans les textes. Numéros de sécurité sociale, adresses, noms – il les efface. Une bonne nouvelle pour les entreprises qui craignent les fuites de données.
GPT-5.5-Cyber : la sécurité d’abord
Un peu plus tard, le 7 mai, OpenAI a présenté GPT-5.5-Cyber, réservé aux équipes de cybersécurité agréées. Ce modèle cherche les failles dans les systèmes d’exploitation et les navigateurs web. Il ne remplace pas un expert, mais il fait gagner un temps précieux.
GPT-Rosalind et Rosalind Biodefense : l’IA au service du vivant
Côté sciences, GPT-Rosalind a été annoncé le 16 avril. Ce modèle de raisonnement est taillé pour le vivant : découverte de médicaments, analyse génomique, études sur les protéines. Et le 29 mai, OpenAI a lancé Rosalind Biodefense, un programme qui donne accès à ce modèle à des chercheurs agréés, pour mieux préparer les pandémies.
Les piliers anciens : Whisper et DALL‑E 3
N’oublions pas deux piliers plus anciens mais toujours actifs. Whisper, la référence open source pour la transcription vocale, reconnaît 99 langues – dont le français, avec un accent correct. Les journalistes l’adorent pour transcrire des interviews. DALL‑E 3 reste accessible directement dans ChatGPT pour générer des images à partir d’une simple phrase. Les artistes l’utilisent pour des concepts, jamais pour remplacer la création finale.
Les modèles retirés : Sora, GPT-4o, et les autres
Enfin, il faut parler des modèles qui disparaissent. Le plus emblématique est Sora, le générateur vidéo. L’application web a fermé le 26 avril 2026, et son API sera débranchée le 24 septembre. Pourquoi ? Les coûts de calcul étaient vertigineux – environ 15 millions de dollars par jour. Disney a annulé un partenariat d’un milliard de dollars. OpenAI a donc décidé de faire le ménage.
D’autres modèles ont déjà quitté ChatGPT. Le 13 février 2026, c’en était fini de GPT-4o, GPT-4.1, GPT-4.1 mini, o4-mini, et des versions Instant et Thinking de GPT-5. Le 11 mars, la famille GPT-5.1 (Instant, Thinking et Pro) a suivi. Et d’ici la fin de l’été, GPT-4.5 s’en ira le 27 juin, puis o3 le 26 août. Rassurez-vous : l’accès via l’API reste possible, et les clients Enterprise ou Edu peuvent conserver certains modèles hérités dans leurs paramètres.
Cette refonte de la gamme n’est pas anodine. OpenAI se recentre sur ce qui est rentable et vraiment utile, quitte à laisser tomber les gadgets coûteux. Le message est clair : on mise sur l’efficacité et la sécurité, pas sur l’effet d’annonce.
Stratégie business : la fin de l’exclusivité Microsoft
Jusqu’en avril 2026, Microsoft était le seul cloud autorisé à héberger les modèles OpenAI. Le 27 avril 2026, un avenant met fin à cette exclusivité. OpenAI peut désormais vendre ses API sur tous les clouds. Microsoft conserve le statut de “partenaire cloud prioritaire”. En contrepartie, Microsoft reverse à OpenAI 20 % des revenus générés par l’utilisation des modèles sur Azure (plafonné), et non l’inverse.
ChatGPT Enterprise coûte soixante dollars par utilisateur par mois (environ 55 euros). Il offre une fenêtre de contexte d’un million de tokens, une confidentialité totale (certifié SOC2 pour la sécurité des données et HIPAA pour la santé), ainsi que des analyses avancées de données.
Un token est un morceau de texte (environ 0,75 mot en anglais, 0,5 mot en français). Les modèles facturent à la consommation. Une page A4 représente environ 500 tokens. L’API pay‑as‑you‑go applique ces tarifs : deux dollars cinquante par million de tokens d’entrée pour GPT-5.5, et dix dollars pour la sortie.
Pourquoi cette stratégie compte ? Parce qu’OpenAI veut devenir le “système d’exploitation” de l’IA d’entreprise. Chaque appel API rapporte une petite commission. La fin de l’exclusivité Microsoft accélère la concurrence, ce qui tire les prix vers le bas pour les clients.
Controverses et risques : procès Musk, procès du NYT, et désinformation électorale
Le 18 mai 2026, Elon Musk a perdu son procès contre OpenAI. Le jury fédéral d’Oakland a délibéré moins de deux heures. Motif : Musk avait attendu trop longtemps pour attaquer, au-delà des délais de prescription. Il a annoncé faire appel. Musk réclamait le “dégorgement” de 150 milliards de dollars – un terme juridique désignant la restitution de profits obtenus illicitement. Il estimait qu’OpenAI avait trahi sa mission non lucrative. (Le New York Times poursuit toujours OpenAI pour violation du droit d’auteur (utilisation d’articles sans autorisation). L’affaire est en cours.
La désinformation est un autre champ de bataille. Année électorale mondiale oblige, OpenAI a déployé plusieurs garde‑fous. D’abord, des comptes de voix en direct avec Associated Press aux États‑Unis et au Brésil. Ensuite, le programme Daybreak (basé sur GPT-5.5 et Codex) pour détecter des failles de sécurité. Enfin, des tatouages numériques : OpenAI utilise SynthID – une technologie développée par Google DeepMind – en complément des marqueurs C2PA.
Côté ressources humaines, plusieurs chercheurs clés ont quitté OpenAI : Ilya Sutskever, Jan Leike, et d’autres vers Anthropic. Cette fuite des cerveaux affaiblit l’avance technique.
Perspectives : AGI, concurrence, et l’IPO de 2026
L’Intelligence Artificielle Générale (AGI) reste l’horizon. La définition officielle d’OpenAI : “systèmes autonomes surpassant l’humain dans la plupart des tâches économiquement productives”. OpenAI la voit comme un outil pour résoudre des problèmes globaux (recherche médicale, fusion nucléaire). Jusqu’en 2025, un panel indépendant devait déclarer l’AGI. Ce panel a été dissous. Depuis 2026, la déclaration officielle de l’AGI n’est plus soumise à un panel externe : le conseil d’administration d’OpenAI décide seul.
La concurrence s’intensifie. Anthropic a déposé son IPO une semaine avant OpenAI. Selon certaines analyses, sa valorisation atteindrait 965 milliards de dollars en mai 2026, dépassant OpenAI (852 milliards). Son modèle phare : Claude Opus 4.7. Google DeepMind pousse Gemini 3.1 Pro. xAI (Elon Musk) propose Grok 3 en open source partiel.
Et la France ? Mistral AI reste le champion européen. Ses modèles (Mistral Large 3, Le Chat) sont appréciés pour leur souveraineté, mais accusent un retard d’environ un an et demi sur les capacités de raisonnement d’OpenAI.
Le 8 juin 2026, OpenAI a déposé un formulaire S-1 confidentiel auprès de la SEC. L’entreprise vise une valorisation pouvant atteindre 1000 milliards de dollars. L’Autorité des marchés financiers (France) surveille ce dossier, car il influencera les valorisations des jeunes pousses européennes.
FAQ
Sora, le générateur vidéo, a fermé son application web le 26 avril 2026. Les coûts de calcul atteignaient environ 15 millions de dollars par jour, et Disney a annulé un partenariat d’un milliard de dollars. OpenAI a préféré se recentrer sur les modèles rentables et l’introduction en bourse. L’API Sora sera définitivement débranchée le 24 septembre 2026.
Depuis le 5 mai 2026, le modèle par défaut gratuit est GPT-5.5 Instant. Il est rapide et réduit les hallucinations de 52,5 % dans les domaines sensibles (médecine, droit, finance). Les versions payantes (Plus, Pro, Enterprise) donnent accès à GPT-5.5 complet, à GPT-5.5-Cyber et à GPT-Rosalind (sciences du vivant).
Depuis le 28 octobre 2025, OpenAI est une Public Benefit Corporation (PBC) du Delaware, nommée OpenAI Group PBC. Microsoft en détient 27 % (selon la presse). La fondation historique (OpenAI Foundation) conserve un rôle de contrôle, et une « Safety and Security Committee » peut bloquer un modèle dangereux.
Non. Le 27 avril 2026, l’exclusivité avec Microsoft a pris fin. OpenAI peut désormais vendre ses API sur tous les clouds (AWS, Google Cloud, etc.). Azure reste le « partenaire prioritaire », et Microsoft reverse à OpenAI 20 % des revenus générés par l’utilisation des modèles sur Azure (plafonné).
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