Polymarket aurait payé des créateurs pour simuler de gros gains : que s’est-il passé ?

Selon une enquête, Polymarket aurait collaboré avec plusieurs créateurs de contenu pour mettre en scène de faux gains spectaculaires. Mais pourquoi la plateforme aurait-elle pris un tel risque ?

Les vidéos promettaient des gains impressionnants. Quelques clics, un pari bien senti et plusieurs milliers de dollars semblaient tomber du ciel. Sur les réseaux sociaux, ces contenus ont grandement participé à la popularité de Polymarket. Sauf qu’une enquête du Wall Street Journal raconte une histoire bien différente.

D’après le quotidien américain, Polymarket aurait rémunéré des créateurs de contenu afin de publier des vidéos mettant en scène des paris rentables. Le problème, c’est qu’une partie de ces gains n’aurait jamais existé. De quoi relancer le débat sur les méthodes de promotion utilisées par certaines entreprises du numérique.

Le plan de Polymarket avec des créateurs de contenu pour faire croire aux gros gains 

Le Wall Street Journal affirme avoir analysé plus de 1 100 vidéos consacrées à Polymarket. Le journal indique également avoir consulté plusieurs documents internes destinés aux créateurs participant à cette campagne promotionnelle.

Selon cette enquête, de nombreuses vidéos n’étaient pas tournées sur la véritable plateforme. Elles auraient été réalisées sur une copie presque parfaite du site. Cela permet d’afficher des transactions fictives et surtout des gains exagérés.

L’objectif est sans doute de donner l’impression que réaliser des bénéfices importants était presque banal. Une recette bien connue sur les réseaux sociaux, où les contenus spectaculaires attirent davantage de vues.

La diffusion ne reposait pas uniquement sur les influenceurs. Une agence marketing aurait aussi participé à l’opération. Des dizaines de comptes auraient ensuite relayé les vidéos pour les rendre virales.

Une transparence qui pose question

Le Wall Street Journal affirme aussi que les créateurs auraient été invités à ne pas mentionner leur rémunération par Polymarket. Cette absence de transparence interroge. Les partenariats commerciaux restent pourtant soumis à des règles de plus en plus strictes sur les principales plateformes sociales.

Face aux questions des journalistes, plusieurs participants auraient finalement ajouté la mention « partenaire @polymarket » dans leur biographie. Un changement arrivé après le début de l’enquête, selon le Wall Street Journal.

Razeen Khan, étudiante et créatrice de contenu ayant travaillé avec Polymarket jusqu’en mars, défend toutefois cette approche. Elle compare ces vidéos aux publicités pour des burgers, souvent plus appétissants à l’écran que dans la réalité. Selon elle, les contenus représentaient simplement ce qui pouvait réellement arriver sur la plateforme.

La comparaison risque malgré tout de faire sourire. Entre embellir un sandwich et afficher des gains fictifs, certains y verront une légère différence de catégorie. Interrogée par le Wall Street Journal, Polymarket assure rester engagée en faveur de marchés « précis, équitables et transparents ». L’entreprise annonce également vouloir examiner ses contenus promotionnels afin de vérifier leur conformité avec ses propres exigences.

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