Stockage ADN : cette startup s’attaque enfin au principal frein de la technologie 

Photos, vidéos, documents, sauvegardes… Le volume de données produit chaque année continue de grimper. Une bonne partie de ces fichiers est pourtant rarement consultée. Ils doivent simplement rester quelque part, parfois pendant des décennies. C’est ce qu’on appelle le stockage « froid ». 

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Le problème, c’est que les supports classiques ne sont pas éternels. Les disques et les bandes finissent par vieillir et doivent être remplacés. Ils nécessitent aussi de l’énergie, même lorsqu’ils hébergent des données que personne ne consulte pendant des années. 

L’ADN s’impose alors comme une solution de stockage intéressante. Elle qui peut concentrer énormément d’informations dans un espace minuscule et rester conservée pendant très longtemps. Bref, difficile de demander mieux. 

Mais ce ne serait pas non plus du gâteau. Car écrire des données dans l’ADN coûte cher. Quoique, tout ne s’annonce pas si mal car BioCompute a une solution.

Stockage ADN : que propose BioCompute ?

Jusqu’à présent, une grande partie des recherches consacrées au stockage ADN cherchait surtout à produire les molécules à moindre coût. BioCompute estime que cette approche passe peut-être à côté du véritable problème. 

L’entreprise, incubée à Berkeley, propose donc une autre méthode. Celle de réutiliser des matrices d’ADN plutôt que de fabriquer de nouveaux brins à chaque fois qu’une donnée doit être enregistrée. 

Le principe ressemblera alors davantage à celui d’un support réinscriptible qu’à une molécule que l’on produit, utilisé puis abandonné. Une différence qui change beaucoup de choses sur le coût. 

BioCompute affirme déjà avoir atteint environ 1 dollar par mégaoctet pour l’écriture des données. Son ambition est cependant beaucoup plus basse : parvenir à environ 1 dollar par téraoctet. 

Pour y arriver, l’entreprise ne veut pas traiter séparément l’écriture et la lecture. Elle développe une architecture complète combinant une méthode d’écriture enzymatique sur des matrices réutilisables et une technologie de lecture par nanopores. Cette dernière doit permettre de récupérer les informations enregistrées. 

Des ambitions bien plus intéressantes 

Si vous voulez tout savoir, ce projet est porté par Anagha Rajesh. Elle a quitté un doctorat en thérapie génique à Oxford pour travailler sur cette technologie. Elle est également coautrice de ce qui est présenté comme le premier manuel consacré au stockage de données dans l’ADN. 

Cela dit, pour BioCompute, conserver des fichiers pendant des siècles n’est que le début. L’entreprise imagine déjà réduire progressivement le temps nécessaire pour accéder aux informations stockées dans les molécules. 

À plus long terme, elle envisage même d’aller au-delà du simple stockage. Les mêmes propriétés qui permettent à l’ADN de conserver de l’information pourraient, selon l’entreprise, être exploitées pour effectuer certains calculs avec des biomolécules. 

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