Ce test affiche les choix politiques de Grok et GPT 

Sommés de choisir un candidat, GPT et Grok privilégient deux camps opposés. Un test via leurs API révèle des orientations politiques marquées, avec des limites à connaître.

À l’approche des élections américaines, une expérience de Convovo interroge la neutralité des assistants. Face aux mêmes scrutins, le modèle d’OpenAI favorise les démocrates, celui de xAI les républicains. Mais ces biais politiques IA apparaissent avec une consigne explicite de recommandation, dans un cadre différent des applications grand public.

Quels candidats GPT et Grok recommandent-ils dans ce test électoral ?

Sous cette consigne, le premier privilégie très largement les démocrates, tandis que le second recommande surtout les républicains. Parmi 1 111 réponses désignant un candidat de ces deux partis, GPT-6.1 Sol choisit 1 082 fois le démocrate. Pour Grok 4.7, 952 réponses sur 1 038 désignent le républicain. Soit environ 97% et 92%, selon les résultats publiés par Convovo. Attention toutefois, ces pourcentages excluent les refus et les choix hors des deux grands partis.

Pour comparer GPT et Grok, les chercheurs ont répété chaque question trois fois, avec la recherche web activée. Réalisée depuis New York le 21 octobre 2026, l’expérience utilisait les paramètres par défaut des API des deux fournisseurs. Chaque requête exigeait un candidat précis et décourageait explicitement toute réponse indécise. Ce cadre compte donc autant que les scores obtenus.

Par ailleurs, les justifications révèlent des priorités distinctes. Parmi les recommandations démocrates de GPT, 62% évoquent la santé, contre 15% des recommandations républicaines de Grok. À l’inverse, l’immigration figure dans 36% de ces réponses de Grok, contre 2% chez GPT. Les recherches du modèle d’OpenAI renvoient davantage vers Associated Press et Axios. Celles de xAI font notamment apparaître Ballotpedia et X.

Ces biais politiques IA reflètent-ils les réponses des applications grand public ?

Non, cette expérience ne reproduit pas directement les échanges habituels avec ChatGPT ou l’application Grok. Selon les chercheurs, ces interfaces ont refusé cette question lors de leur test. Les réponses étudiées proviennent des interfaces de programmation, auxquelles les développeurs accèdent pour intégrer les modèles à leurs propres services. Généraliser ces résultats à chaque conversation dépasserait donc ce que montre l’expérience. 

Autre limite, trois essais par scrutin ne décrivent pas toutes les réponses possibles. Par ailleurs, les chercheurs signalent environ 1 240 tokens supplémentaires associés aux appels Grok. Ils les présentent comme des instructions cachées, sans pouvoir consulter ni supprimer leur contenu. Leur rôle exact dans ces biais politiques IA reste donc indéterminé. Une préférence observée ne suffit pas à identifier sa cause.

Ces réserves ne rendent pas le sujet anecdotique. Selon une enquête du Pew Research Center, 8% des adultes américains utilisent des chatbots pour s’informer sur les élections de 2026. Parmi ces utilisateurs, 40% recherchent des suggestions pour guider leur choix électoral. Cette enquête mesure un usage déclaré, sans démontrer une influence effective sur les votes. Elle rappelle néanmoins pourquoi les recommandations de GPT et Grok méritent un examen attentif.

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