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Bouygues va retirer 3 000 antennes 5G en France

À la fin du mois d’août, l’opérateur Bouygues Telecom a indiqué qu’il comptait retirer 3 000 antennes de téléphonie mobile de la marque Huawei, d’ici à 2028, dans les territoires densément peuplés en France. Cette décision est liée à une requête du gouvernement français, pour des motifs de sécurité sur le futur dispositif de 5G. Un sujet qui divise d’ailleurs les Français.

Un hypothétique espionnage pour l’État chinois selon les États-Unis

« Nous n’aurons plus aucune antenne Huawei dans les zones très denses » d’ici à 2028, a indiqué, pendant l’été, Olivier Roussat, dirigeant de Bouygues Telecom. 3 000 antennes Huawei vont donc être démontées. Bouygues Telecom possède plus de 21 000 antennes dans l’hexagone. Huawei, leader mondial des antennes 5G, est soupçonné par les États-Unis d’un hypothétique espionnage pour le compte de l’État chinois. Le gouvernement américain encourage alors ses alliés à renoncer à utiliser cette technologie développée par Huawei.

Pékin n’a pas manqué de réagir à cette décision. Le gouvernement chinois souhaite que la France respecte les lois du marché et dénonce les discriminations dont fait preuve Huawei. Aux États-Unis, Huawei a entamé des démarches juridiques pour annuler les interdictions faites aux administrations fédérales d’acheter ses équipements. Les dirigeants de Huawei considèrent que l’on souhaite les chasser du marché. La tension est forte.

L’État donne des préconisations

Au début de l’été dernier, l’agence nationale en charge de la sécurité informatique dans l’hexagone avait indiqué qu’elle réduirait les autorisations d’exploitation des acteurs français partenaires du groupe chinois. Ainsi, Bouygues Telecom, qui ne possède pas d’antennes Huawei dans la capitale, ne pourra pas mettre en place d’antennes Huawei pour la 5G à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes.

Il est possible d’appeler le Service client Bouygues pour obtenir davantage de précisions. Aucun dispositif précis n’a été décidé pour remplacer par un matériel conforme d’ici la date limite établie à 2023. Plusieurs acteurs du marché devraient se porter candidats pour fournir Bouygues comme Nokia ou Ericsson.

Des sites stratégiques sensibles à protéger

Dans certaines villes, on compte des installations stratégiques pour la France. C’est le cas pour le port militaire de Brest et la base de sous-marins nucléaires situés à l’Île-Longue. Il y a également le siège d’Airbus à Toulouse, ou encore les structures de cyberdéfense localisées à Saint-Jacques-de-la-Lande et à Bruz, à proximité de Rennes.

Dans les zones peu denses, a priori l’État français n’a pas de contre-indication dans l’emploi des systèmes Huawei pour la 5G. Toutefois, Bouygues négocie avec les autorités pour obtenir une compensation financière pour ce retrait. L’État a indiqué au mois de septembre que rien ne serait versé. D’autant plus que SFR est aussi concerné par le sujet.

La 5G, un sujet qui fait débat

Depuis plusieurs mois, la mise en place de la 5G en France dans les années à venir suscite l’inquiétude des Français. Il faut dire que la 5G permettrait de développer de nouveaux services et de nouvelles activités. Ainsi, il serait possible d’opérer un patient à distance, de conduire une voiture autonome avec son smartphone.

Des opposants au déploiement de la 5G se font entendre et manifestent ces derniers temps. Les élus écologistes pensent qu’il serait nécessaire de faire un moratoire sur ce sujet qui est très sensible. Le gouvernement est lui favorable au déploiement de la 5G en France.