Lors de la WWDC 2026, Apple a consacré plus d’une heure à présenter les capacités de son nouveau Siri dopé à l’IA. Et je dois avouer qu’il s’agit là d’un tout nouvel assistant. Malheureusement, il ne sera pas disponible dans l’Union européenne.
Les autres nouveautés liées à Apple Intelligence seront bien déployées sur le continent. Mais pas Siri AI. L’assistant restera néanmoins accessible dans l’UE sur macOS et visionOS. Le blocage concerne uniquement les iPhone et les iPad, ainsi que l’Apple Watch qui dépend de ces appareils. Les iPhone européens seront ainsi inévitablement moins intelligents.
Pour expliquer cette décision, Apple accuse l’Union européenne d’adopter une approche trop contraignante. L’entreprise regrette notamment l’absence d’un dialogue qu’elle juge suffisamment constructif autour de solutions préservant à la fois la confidentialité des utilisateurs et la sécurité de leurs données.
The next generation of Apple Intelligence powers an entirely new Siri: making the apps and experiences you rely on across iPhone, iPad, Mac, and Apple Vision Pro more personal and helpful than ever. pic.twitter.com/aXiDIkqAKn
— Tim Cook (@tim_cook) June 8, 2026
Terrain d’entente indisponible…
Au cœur du désaccord se trouve le Digital Markets Act (DMA). Il s’agit de la réglementation européenne destinée à limiter les pratiques anticoncurrentielles des géants du numérique.
Apple figure parmi les entreprises les plus touchées par ce texte, qui a déjà obligé la marque à ouvrir davantage son écosystème. Notamment aux boutiques d’applications alternatives et à des solutions concurrentes d’Apple Pay.
Depuis des années, Apple défend pourtant son modèle fermé en affirmant qu’il permet un contrôle plus strict des logiciels. Et pas seulement. La boîte promet même une meilleure protection des utilisateurs.
Ainsi, dans son communiqué, la firme ne cache pas son irritation. Elle estime que l’interprétation actuelle du DMA l’obligerait à accorder à n’importe quel assistant virtuel un accès direct à des données privées ainsi qu’à d’autres applications installées sur les appareils.
Selon Apple, une telle obligation supprimerait plusieurs mécanismes de sécurité jugés essentiels à la protection des utilisateurs.
Aucune chance que Siri AI débarque en territoire européen donc ?
Pour tout vous dire, Apple affirme poursuivre les discussions avec les autorités européennes. Toutefois, le climat semble particulièrement tendu. Cette impression a été renforcée par les déclarations de Greg Joswiak, vice-président de la société.
Selon lui, Apple avait informé l’Union européenne dès la fin de l’année 2025 de son intention de lancer Siri AI. L’entreprise assure avoir proposé plusieurs pistes pour concilier ouverture à la concurrence et protection des données personnelles.
Parmi elles figurait une solution baptisée Trusted System Agent. Ce système devait servir d’intermédiaire sécurisé afin de permettre à des assistants virtuels concurrents d’accéder aux mêmes fonctions que Siri AI sur les appareils européens.
Apple prévoyait également un déploiement progressif sur une période de 18 mois. Seulement, d’après la marque, toutes les propositions présentées ont été rejetées par la Commission européenne.
Et pourtant, Greg Joswiak affirme que les exigences actuelles de la Commission permettraient à des acteurs tiers d’accéder à des fonctions particulièrement sensibles.
D’après lui, cela pourrait notamment leur donner la possibilité de consulter des messages, modifier des fichiers ou supprimer des photos. Qui sait, ils pourront même effectuer certaines actions dans des applications sans intervention directe de l’utilisateur.
Apple estime que l’absence des protections qu’elle souhaite mettre en place créerait une forte incertitude concernant la confidentialité des données. Le dirigeant résume la situation de manière très directe en expliquant que l’entreprise refuse de transformer des dizaines de millions d’utilisateurs en terrain d’expérimentation.
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