Fortinet vient de publier son rapport annuel sur la cybercriminalité, réalisé par les chercheurs de FortiGuard Labs. Et il met en avant une forte explosion des attaques par ransomware en 2025.
Selon FortiRecon, la solution de veille de Fortinet, 7 831 victimes de ransomware ont été recensées à l’échelle mondiale. C’est une hausse spectaculaire d’environ 389 % par rapport à 2024, où l’on comptait près de 1 600 cas.
Et l’intelligence artificielle (IA) y est pour quelque chose. Car elle permet aux attaquants d’exploiter les failles beaucoup plus vite qu’auparavant. Pour établir cette analyse, les chercheurs s’appuient sur les données issues de millions de capteurs déployés à travers le monde.
Des milliers de victimes en une seule année
Le secteur industriel arrive en tête des cibles des hackers. D’après FortiRecon, 1 284 organisations ont été touchées, suivi des services aux entreprises (824) et du commerce de détail (682).
Géographiquement, les États-Unis concentrent 3 381 victimes, loin devant le Canada (374) et l’Allemagne (291). Dans ce paysage, certains groupes criminels dominent clairement.
Qilin arrive en tête avec 1 021 victimes, confirmant une dynamique déjà observée dans d’autres rapports récents. Quant à Akira et Safepay, chacun est responsable de 645 victimes.
Le rapport souligne aussi une autre tendance : l’apparition régulière de nouveaux groupes de hackers. Certains ne dépassent pas une dizaine de victimes avant de disparaître ou de se restructurer. Pour autant, ils représentent une menace.
Toujours selon FortiRecon, près de 48,96 % des activités suspectes détectées exploitent des outils déjà présents dans les systèmes des entreprises. PowerShell, AnyDesk, LogMeIn ou encore Ngrok sont détournés pour mener des actions malveillantes.
Inutile de vous dire que cette stratégie complique fortement la détection, puisque les attaquants utilisent des logiciels parfaitement légitimes en apparence.
L’IA, à l’origine de l’explosion des attaques par ransomware en 2025
Le rapport met en lumière une accélération spectaculaire du passage entre la découverte d’une faille et son exploitation. L’an dernier, ce délai moyen était de 4,76 jours.
En 2025, il chute brutalement à 24 à 48 heures pour les incidents critiques. Dans certains cas extrêmes, l’exploitation démarre dès le jour de la divulgation publique. C’est du moins le cas de la faille Apache Tomcat (CVE-2025-24813) et celle de Fortra GoAnywhere (CVE-2025-10035).
Cette rapidité est largement attribuée à la montée en puissance d’outils d’intelligence artificielle détournés sur les marchés criminels. Des solutions comme WormGPT ou FraudGPT permettent de générer des campagnes de phishing crédibles et du code malveillant sans effort technique particulier.
D’autres, comme HexStrike AI, automatisent la reconnaissance des cibles et la construction de chemins d’attaque. S’ajoute BruteForceAI qui optimise les attaques par force brute en analysant les formulaires de connexion.
Ses outils permettent non pas de créer de nouvelles failles, mais d’exploiter celles qui existent déjà, plus vite que jamais.
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