Les RSSI doivent désormais composer avec l’IA, la réglementation et les dépendances technologiques. Les 21 mini-sondages du CESIN montrent une fonction cyber qui change rapidement.
Au premier semestre 2026, les responsables de la sécurité des systèmes d’information ont dû répartir leurs efforts entre plusieurs chantiers devenus prioritaires. Les résultats des 21 mini-sondages menés par le CESIN auprès de ses membres montrent une fonction qui dépasse progressivement la seule protection du système d’information. IA, conformité, cryptographie et fournisseurs occupent désormais une place centrale dans leurs décisions.
L’IA progresse plus vite que les règles internes
L’usage de l’IA générative avance dans les organisations, mais les politiques internes restent parfois en retrait. Parmi les répondants, 27 % n’ont encore défini aucune règle pour encadrer son utilisation. Les environnements de développement assistés par IA illustrent cette situation. 18 % disposent d’une politique spécifique, tandis que 34 % autorisent ces outils de façon générale et autant par exception.
Les outils de transcription et de synthèse des réunions soulèvent eux aussi des questions sur l’accès aux données, leur stockage et leur durée de conservation. Dans la cyberdéfense, l’IA reste surtout au stade des pilotes et des tests. La fiabilité, la confidentialité et la souveraineté figurent parmi les principales préoccupations.
Le risque concerne aussi les usages malveillants. Une attaque par deepfake a déjà touché 54 % des grandes entreprises interrogées, contre 19 % des ETI et 5 % des TPE/PME.
Le post-quantique, loin des priorités opérationnelles
La cryptographie post-quantique constitue un autre chantier encore peu avancé. Près de 7 répondants sur dix, soit 69 %, n’ont pas commencé à travailler sur le sujet. À l’inverse, 20 % évaluent les impacts et les besoins, 3 % ont lancé des pilotes ou des tests et seulement 1 % a démarré une migration opérationnelle.
La réglementation pèse davantage dans les décisions de 2026. Elle figure parmi les trois priorités cyber de 46 % des grandes entreprises, contre 61 % des ETI et 72 % des TPE/PME.
Cette différence traduit des arbitrages distincts selon la taille des organisations. Les grandes entreprises répartissent davantage leurs efforts entre l’IA, les tiers et la gouvernance.
Les fournisseurs, un sujet de sécurité à part entière
Les dépendances technologiques prennent aussi une place importante. Ainsi, 52 % des ETI interrogées ne sont pas directement concernées par le Cyber Resilience Act, mais utilisent des services de fournisseurs soumis au règlement.
Les rachats de sociétés cyber ont également des conséquences financières. Une hausse des coûts après l’acquisition d’un fournisseur a été constatée par 69 % des grandes entreprises et 74 % des ETI. Chez les TPE/PME, cette proportion atteint 38 %. Par ailleurs, 41 % des répondants évoquent un enfermement technologique.
Pour Fabrice Bru, président du CESIN, le métier de RSSI traverse donc une période de transformation profonde. Ses priorités évoluent et les réponses utilisées hier ne suffisent plus toujours.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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