L’Institut Xenia réunit six spécialistes de l’intelligence artificielle, de l’économie et des sciences humaines. Ce nouvel organisme de recherche indépendant veut aider les entreprises européennes à mieux comprendre les conditions d’adoption de l’IA.
L’Europe cherche encore sa place face aux géants américains et chinois de l’intelligence artificielle. Mais la compétition ne concerne pas uniquement les modèles les plus puissants. Elle touche aussi leur utilisation quotidienne dans les entreprises. C’est sur ce terrain que l’Institut Xenia souhaite concentrer ses recherches, avec une attention particulière pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire.
L’Institut Xenia veut comprendre les freins à l’adoption de l’IA
Installer des outils d’intelligence artificielle ne suffit pas à transformer une entreprise. Leur utilisation soulève des questions de management, d’organisation du travail et de compétences. L’Institut Xenia souhaite étudier ces différents aspects pour comprendre pourquoi certains projets progressent, tandis que d’autres rencontrent des difficultés.
Ses travaux porteront notamment sur les facteurs humains et organisationnels qui influencent l’adoption de l’IA. Les chercheurs examineront également les conditions techniques nécessaires à son intégration dans les activités professionnelles.
L’objectif consiste à identifier des pratiques utiles aux dirigeants et aux équipes opérationnelles. L’Institut prévoit ainsi de publier régulièrement des enquêtes, des rapports et des études accessibles aux entreprises.
3 axes de recherche pour accompagner les entreprises
Pour structurer ses activités, l’Institut Xenia a défini 3 piliers : l’enquête, l’outillage et la fédération. Le premier repose sur la collecte de données et de témoignages auprès des entreprises. Les chercheurs analyseront des projets concrets pour mieux comprendre les transformations liées à l’IA.
Le deuxième concerne la création d’outils méthodologiques. Grilles d’analyse et méthodes pratiques seront publiées librement pour faciliter leur utilisation dans les organisations. Quant au troisième, il vise à favoriser les échanges entre chercheurs, dirigeants et professionnels. Cette circulation des expériences doit contribuer à enrichir les connaissances disponibles.
Une première étude, consacrée au « dilemme du dirigeant diligent », est déjà accessible sur institut-xenia.org. Elle ouvre une série de publications sur les dimensions stratégiques, humaines et managériales de l’adoption de l’IA.
6 fondateurs issus de la recherche et de l’entreprise
L’Institut Xenia rassemble des profils aux parcours variés. Christelle Curcio, cofondatrice d’Alegria.group, travaille sur les transformations sociales liées à l’IA. Michal Valko, chercheur à Inria et ancien responsable scientifique chez Meta, apporte son expertise en apprentissage automatique.
Taqiyeddine Sakmeche possède une expérience entrepreneuriale dans la santé numérique. Tristan Maurel a notamment dirigé Umiami, entreprise industrielle qui a levé plus de 100 millions d’euros.
Deux chercheurs complètent ce groupe. Enrichetta Giurickovic, économiste au Collège de France, étudie la productivité et le travail. Amric Trudel, chercheur en sciences cognitives à l’ENS, analyse l’apprentissage humain et les effets de l’IA sur les travailleurs. L’Institut prévoit d’accueillir progressivement d’autres chercheurs, dirigeants et professionnels, sélectionnés par cooptation.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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