Fujitsu lance MONAKA, un CPU 2 nm taillé pour les gros calculs et les data centers

MONAKA de Fujitsu est un CPU Arm 2 nm dédié en particulier pour les data centers, le HPC et les charges Big Data. Au menu ? Le japonais promet deux fois plus de débit en inférence, avec près de la moitié moins de serveurs et d’électricité.

MONAKA a tout du processeur qui veut secouer les salles machines. Car Fujitsu annonce 144 cœurs Arm, une fréquence qui grimpe à 3,8 GHz et de la DDR5 à 8 800 MT/s. Le groupe vise le cloud, les centres de données et le calcul haute performance. Pour les équipes face à des volumes massifs, le message est de faire plus de calcul avec moins de matériel.

L’enjeu est de taille, d’autant que la consommation des data centers pèse déjà lourd, avec les serveurs et la climatisation au cœur de la facture. Réduire le parc peut donc avoir un effet bien plus concret qu’un record de benchmark.

Deux fois plus rapide et moitié moins de serveurs, sur quelle base ?

La puce adopte une architecture 3D en chiplets. Fujitsu réserve le 2 nm au die de calcul. Le cache SRAM et les entrées-sorties sont gravés en 5 nm. Ce choix garde le procédé le plus fin là où il apporte le plus. Le tout repose sur l’architecture Armv9-A, avec les technologies SVE2, les douze canaux DDR5 et le PCIe 6.0.

Cette formule vise un point clé pour le Big Data : nourrir les cœurs sans créer un bouchon côté mémoire. Fujitsu ajoute aussi une accélération matérielle pour les opérations matricielles. MONAKA ne cherche donc pas à remplacer tous les GPU. Une logique proche de la course autour des CPU Arm pour data centers comme Nvidia Grace.

C’est ici que Fujitsu sort les gros chiffres. Selon son communiqué, MONAKA offre deux fois plus de débit pour l’inférence que d’autres CPU. À charge égale, le groupe dit pouvoir diviser presque par deux le nombre de serveurs et la consommation électrique.

En principe, c’est énorme. Dans un centre de données, réduire le parc agit sur plusieurs postes : achat des machines, place dans les racks, énergie, dissipation thermique et maintenance. Fujitsu avance aussi une baisse pouvant atteindre 80 % de l’énergie liée au système thermique de son serveur 1U.

Mais il manque la pièce qui compte : des benchmarks indépendants sur des machines finales. Fujitsu compare son CPU à des rivaux non nommés. Tom’s Hardware souligne aussi que plusieurs scores dévoilés à Hot Chips sont encore des estimations.

Le vrai terrain de MONAKA de Fujitsu, c’est aussi le Big Data

Fujitsu pousse beaucoup l’étiquette « sovereign AI » avec MONAKA. Pourtant, cette nouveauté a un intérêt bien plus large. Son équipe logicielle travaille aussi sur les bases relationnelles, NoSQL, graphes, data lakes et moteurs de flux en temps réel.

C’est ce qui rend la puce intéressante pour le Big Data. Une plateforme dense, rapide en mémoire et plus sobre peut changer le coût d’un cluster analytique. La tendance rappelle aussi l’arrivée de puces Arm maison dans les data centers. Cela avec la même idée de reprendre le contrôle du rapport entre la puissance, le coût et l’énergie.

Le Made in Japan mérite tout de même un petit astérisque. Fujitsu insiste sur la souveraineté, car le serveur MONAKA sera conçu, mis au point et assemblé au Japon, dans l’usine de Kasashima. Cela aide la traçabilité et donne au groupe plus de contrôle sur la chaîne serveur.

Pour le CPU, la formule demande une nuance. Fujitsu conçoit la puce, mais TSMC fabrique les dies 2 nm et 5 nm. Le Made in Japan décrit donc surtout la maîtrise du design, de l’intégration et du serveur final. Ce n’est pas une chaîne de silicium 100 % japonaise. Le détail compte dès qu’on parle de souveraineté.

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Une architecture séduisante, des chiffres encore à confirmer

Le calendrier se précise. Parce que Fujitsu prévoit les ventes mondiales du CPU dès novembre 2026. Les serveurs 1U, 2U et les modèles HPC viseront le Japon et l’Europe. Les premières livraisons sont prévues à partir d’avril 2027.

MONAKA coche de nombreuses cases avec ses 144 cœurs, sa gravure en 2 nm et sa forte bande passante mémoire. Son architecture Arm est également pensée pour exécuter l’inférence directement sur CPU. L’architecture paraît sérieuse, et le pari Big Data a du sens.

Mais la promesse de moitié moins de serveurs reste, pour l’heure, une promesse Fujitsu. Si le résultat des tests indépendants rejoint ces chiffres, MONAKA pourra poser un problème aux CPU serveur déjà en place. Sinon, le 2 nm aura surtout produit un très beau communiqué.

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