Au Massachusetts, un adolescent est accusé d’avoir tué sa mère et son petit frère. Les enquêteurs cherchent encore à comprendre ce qui s’est passé. Mais Le procureur estime qu’il aurait utilisé Internet et ChatGPT pour explorer des histoires fictives autour du meurtre.
Actuellement en détention sans possibilité de caution, l’adolescent en question est Arjun Aravind, 17 ans. Il a comparu jeudi matin devant le tribunal de district de Concord. Un plaidoyer de non-culpabilité a été enregistré en son nom pour les accusations de meurtre et plusieurs autres chefs d’accusation.
Que s’est-il passé ?
L’affaire a commencé lorsque son tuteur s’est présenté dans leur maison familiale pour un rendez-vous prévu.
Personne ne répondant à ses appels et impossible d’entrer dans la maison, il a alerté les autorités. Le père d’Arjun, qui avait parlé avec sa femme avant de partir travailler ce matin-là, a lui aussi contacté la police.
Les agents sont arrivés au domicile peu après 18h30 et ont découvert les corps des deux victimes. Le corps de son frère Siddharth Aravind, 14 ans, se trouvait au premier étage. Celui de sa mère, Sudha Venkatesan, 45 ans, a été retrouvé au sous-sol.
Les causes officielles des décès n’ont pas encore été établies, selon la procureure Suzanne Wiseman. Elle décrit toutefois la scène comme le résultat d’une « lutte physique et violente ».
Les premières constatations indiquent que les deux victimes auraient subi des traumatismes contondants.
Pourquoi les autorités accusent Arjun ?
Tout simplement parce que lorsque les policiers sont arrivés, Arjun et la voiture de sa mère, une Honda Accord verte de 2014, avaient disparu.
Quelques heures plus tard, l’enquête a conduit les autorités à Wayland, à environ 21 kilomètres du domicile familial. Une alarme s’était déclenchée dans un parking tôt mercredi matin.
Les policiers ont rapidement fait le rapprochement avec le véhicule recherché. Arjun a finalement été retrouvé vers 3h40, à l’intérieur de la voiture de sa mère, puis arrêté.
Les enquêteurs ont également découvert plusieurs éléments dans le véhicule. Selon l’accusation, certains correspondaient à ceux retrouvés sur la scène de crime.
Arjun est ainsi accusé des deux meurtres, de plusieurs agressions et voies de fait, ainsi que d’utilisation non autorisée et de vol d’un véhicule à moteur.
Quel lien avec ChatGPT ?
Eh bien, comme d’habitude, les enquêteurs ont cherché à comprendre ce qui avait pu conduire au drame. Et ils ont découvert une activité en ligne jugée particulièrement préoccupante.
Selon la procureure du comté de Middlesex, Marian Ryan, Arjun avait récemment utilisé Internet et ChatGPT. Et pas pour demander des recettes de pancake. Non. Pour rechercher des idées théoriques et des histoires fictives autour du meurtre de sa famille.
Et ce n’était visiblement pas simplement une petite histoire écrite pour passer le temps. Ryan affirme que l’adolescent aurait utilisé le chatbot pour construire des récits ressemblant à des romans gothiques.
Il posait des questions, imaginait des personnages et explorait différents scénarios dans lesquels des événements tragiques pouvaient se produire. D’après la procureure, ces histoires semblent également avoir été liées à des menaces visant sa famille.
Pour l’instant, les autorités n’affirment pas que ChatGPT aurait directement provoqué le passage à l’acte. Elles présentent plutôt ces recherches comme l’un des éléments découverts au cours de l’enquête.
Cela dit, ce n’est pas la première fois qu’une IA conversationnelle se retrouve souillée d’une affaire criminelle.
Le chatbot d’OpenAI encore une fois cité dans une affaire criminelle
Plus tôt cette année, le procureur général de Floride a ouvert une enquête criminelle. Celle-ci portait sur l’influence potentielle d’OpenAI et de ChatGPT dans certaines menaces de violence formulées par des utilisateurs.
L’enquête cherchait notamment à déterminer si le chatbot avait fourni des conseils importants à un homme accusé d’avoir commis une tuerie de masse dans l’État l’année précédente.
À l’époque, OpenAI avait rejeté l’idée que ChatGPT puisse être tenu responsable du crime. L’entreprise avait expliqué que le chatbot fournissait des réponses à partir d’informations accessibles au public. Qu’il n’encourageait pas les activités illégales ou dangereuses.
Dans l’affaire Arjun Aravind, l’enquête est toujours en cours. Les autorités devront donc creuser. Pour déterminer précisément ce qui s’est passé, ce que signifiaient ces recherches et surtout quel lien, s’il existe, elles entretiennent réellement avec le double meurtre.
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