Les contrats d’approvisionnement se multiplient dans le secteur, preuve d’une demande soutenue pour les processeurs spécialisés. L’an dernier déjà, Advanced Micro Devices, plus connu sous le nom d’AMD, avait signé un partenariat comparable avec OpenAI.
Cet accord avait été perçu comme un signal fort en faveur de ses puces et de ses solutions logicielles. Ce qui a entraîné une nette progression de son action en Bourse.
Meta a également conclu un accord avec Nvidia, concurrent direct d’AMD, portant sur l’achat de millions de puces d’IA. Et aujourd’hui, c’est Meta et AMD qui viennent à leur tour de de conclure un accord de 60 milliards de dollars.
D’ailleurs, selon Santosh Janardhan, responsable de l’infrastructure chez Meta, l’entreprise continuera à diversifier ses fournisseurs tout en développant ses propres processeurs. Des discussions sont également en cours avec Google concernant l’utilisation de ses TPU pour les travaux en intelligence artificielle.
L’ampleur des centres de données en construction impose à Meta de multiplier les partenaires et d’explorer différentes architectures. Pour Janardhan, chaque fabricant de puces a vocation à participer à cet écosystème en pleine expansion.
Meta & AMD, que prévoit l’accord ?
Le propriétaire de Facebook a accepté d’acheter pour 60 milliards de dollars des puces dédiées à l’IA auprès du fabricant américain. L’accord s’étend sur cinq ans et prévoit également une prise de participation de 10 % dans l’entreprise.
AMD, de son côté, fournira à Meta des équipements représentant une capacité totale de 6 gigawatts. La livraison débutera avec 1 gigawatt de son futur matériel MI450 au second semestre, selon sa directrice générale Lisa Su.
En plus des GPU phares du fabricant, Meta prévoit d’acquérir des processeurs centraux. Dont une version conçue spécifiquement pour répondre aux besoins de ses plateformes.
Ce processeur personnalisé sera optimisé afin d’atteindre des performances élevées tout en réduisant la consommation énergétique. L’accord couvrira deux générations de puces AMD.
Lisa Su a souligné l’ambition de Mark Zuckerberg et la volonté d’AMD de mobiliser l’ensemble de ses technologies pour accompagner Meta dans ses projets, affirmant que l’entreprise mise fortement sur ce partenariat.
Un partenariat qui débarque au mauvais moment ?
L’accord de Meta et AMD arrive dans un climat pour le moins électrique. Ces dernières semaines, l’essor fulgurant des outils d’IA dite « agentielle » a bousculé les marchés financiers.
Résultat, une vague de ventes massives a frappé les actions des éditeurs de logiciels. Car les redoutent que ces systèmes intelligents accélèrent les suppressions d’emplois à grande échelle
Et ce mouvement ne semble pas près de ralentir si l’lon croit The Guardian. Car mardi, la société Anthropic a dévoilé un nouveau plugin destiné à faciliter l’intégration de son assistant Claude Cowork dans les environnements professionnels.
L’outil peut désormais se connecter directement à Google Drive, Gmail, DocuSign et d’autres services couramment utilisés en entreprise. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie d’Antropic de capitaliser sur la forte demande des entreprises et consolider sa place sur le marché.
Face à OpenAI et Google, qui se livrent déjà une bataille serrée pour séduire les organisations, la société derrière Claude entend bien simplifier l’adoption de son outil pour accélérer sa croissance.
« Cela rendra l’outil d’Anthropic plus accessible et beaucoup plus facile à utiliser pour tous », a ainsi affirmé Kate Jensen, responsable des Amériques chez Anthropic. Ce qui souligne la volonté de l’entreprise de démocratiser encore davantage l’usage de son assistant.
Mais alors, pourquoi maintenant ?
Tout simplement parce que le marché de l’IA ne connaît pas la crise. Pour fonctionner, les modèles modernes ont besoin de gigantesques capacités de calcul.
Et puis, Meta est en pleine construction de centres de données en Louisiane. Cela l’oblige à anticiper et sécuriser des livraisons de processeurs bien avant leurs besoins effectifs.
L’accord avec AMD lui garantit à long terme une capacité de calcul AI de plusieurs gigawatts. Ce qui équivaut à une puissance immense pour ses serveurs d’IA.
C’est aussi une réponse logique au fait que Nvidia, le leader du secteur, a des délais d’approvisionnement longs et des capacités contraintes. Diversifier ses fournisseurs est devenu indispensable pour éviter les goulots d’étranglement.
Mis à part cela, il n’est pas exclu que Meta veut sortir de sa dépendance à un seul fournisseur.
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