Meta lance Meta Compute. Il s’agit d’un projet interne destiné à anticiper et organiser la puissance informatique nécessaire aux centres de données de l’entreprise. Et ce, sur le long terme.
Si l’on croit Mark Zuckerberg, l’infrastructure visée devrait atteindre des dizaines de gigawatts au cours de la décennie actuelle. Puis plusieurs centaines de gigawatts à plus long terme.
Meta Compute : un élément central de la stratégie de Meta
Meta a annoncé le lancement de Meta Compute le lundi 12 janvier. L’idée consiste à s’assurer que ses centres de données disposent des ressources énergétiques suffisantes. Ce, pour accompagner le développement de ses outils d’IA avancés.
La société n’a pas détaillé précisément le fonctionnement opérationnel de Meta Compute. Cela dit, le CEO Mark Zuckerberg insiste sur un point clé. La façon de concevoir, financer et structurer cette infrastructure pèsera lourd dans la compétitivité future de l’entreprise.
Cette déclaration fait écho à des propos tenus l’été précédent par Susan Li, directrice financière de Meta. Elle évoquait déjà le développement d’une infrastructure d’IA très performante comme un atout stratégique durable pour le groupe.
Ce projet s’inscrit aussi dans une vision plus large portée par Mark Zuckerberg. Voyez-vous, Meta Compute fonctionne en complément de Superintelligence Labs, l’entité de recherche en intelligence artificielle lancée l’été dernier.
L’ensemble vise à diffuser des systèmes d’IA très avancés à très grande échelle. Or, cette ambition passe aussi par une maîtrise accrue des ressources matérielles. Et à travers Meta Compute, Meta cherche à réduire sa dépendance aux capacités de calcul externes.
Les acteurs de l’IA investissent désormais massivement dans leurs propres centres de données, parfois en parallèle de ceux de leurs concurrents. En développant sa propre infrastructure, la maison-mère de Facebook et Instagram sécurise ses besoins futurs en puissance informatique.
Une infrastructure de plus, n’est-ce pas risquée ?
Si vous voulez tout savoir, le lancement de Meta Compute intervient à un moment particulier. En 2025, Meta a engagé environ 72 milliards de dollars dans des projets liés à l’intelligence artificielle. Pour info, les résultats financiers directs de ces investissements restent difficiles à évaluer.
Pourtant, malgré cette incertitude, l’entreprise poursuit une trajectoire ambitieuse. Elle affirme que ces dépenses ont aussi vocation à générer des retombées économiques locales. Notamment dans les régions accueillant de nouveaux centres de données.
Seulement, il faut comprendre qu’actuellement, les communautés locales ne sont pas très fans des data centers. Ils s’interrogent sur l’impact de ces installations de grande taille. Les questions autour des prix de l’électricité et de la consommation d’eau se multiplient.
Meta se retrouve donc face à des enjeux qui dépassent largement la sphère technologique. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle Microsoft a lancé une initiative pour limiter les coûts énergétiques et la consommation d’eau de ses data centers Selon Reuters, la firme promet même de payer des tarifs complets et d’investir dans des solutions de restauration d’eau.
Heureusement, Meta a pensé à tout. Pour répondre à ces défis, Meta Compute regroupe sous une même entité plusieurs briques habituellement séparées. Les logiciels, le matériel, les réseaux et la planification des sites sont désormais pensés ensemble.
Cette organisation vise à aligner les choix techniques dès les premières étapes. Les charges de travail liées à l’IA imposent des contraintes très différentes de celles des services cloud traditionnels. Les décisions matérielles et logicielles doivent donc avancer au même rythme.
Un binôme à la tête du projet
Meta Compute sera dirigée par un binôme. Santosh Janardhan et Daniel Gross ont été choisis pour se répartir les responsabilités entre gestion technique et planification à long terme. Janardhan, présent chez Facebook depuis 2009, occupe déjà le poste de responsable de l’infrastructure mondiale de Meta.
Il continuera à superviser l’architecture technique, la pile logicielle, le programme interne de semi-conducteurs, la productivité des développeurs. Ainsi que la construction et l’exploitation du réseau mondial de centres de calcul.
Daniel Gross prendra en charge un nouveau groupe dédié à la stratégie de capacité sur le long terme. Son périmètre couvre les partenariats avec les fournisseurs, l’analyse des tendances du secteur, la planification et la modélisation économique.
Ancien membre de la start-up Safe Superintelligence, il devra anticiper les besoins futurs en calcul et structurer des chaînes d’approvisionnement. Ce, afin qu’elles soient capables de suivre des volumes industriels massifs.
Les deux dirigeants travailleront avec Dina Powell McCormick, dont l’arrivée au poste de présidente de Meta a été annoncée en parallèle. Ancienne conseillère de Donald Trump, elle aura pour mission de développer des relations avec les gouvernements.
Son rôle consistera à faciliter la construction, le déploiement, le financement et l’investissement liés à l’infrastructure de Meta, en coordination avec Meta Compute.
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