Meta se retrouve une nouvelle fois dans la tourmente. Cette fois, ce n’est pas une simple polémique sur les données personnelles. Pas une nouvelle affaire de confidentialité non plus. C’est l’Union européenne (UE) qui s’attaque directement à la manière dont Facebook et Instagram sont conçus.
Selon Bruxelles, certaines fonctionnalités pousseraient les utilisateurs à rester connectés plus longtemps qu’ils ne le souhaitent. Parmi elles, le défilement infini, la lecture automatique des vidéos ou encore les recommandations ultra-personnalisées.
Qu’est-ce que l’UE a contre Meta exactement ?
En gros, l’Europe reproche à Meta d’avoir construit des plateformes addictives. Le genre où il devient difficile de poser son téléphone. Une vidéo en entraîne une autre, une publication en cache une nouvelle, puis une recommandation apparaît…
Et avant même de s’en rendre compte, l’utilisateur a passé une heure à faire défiler son écran. Le fameux « juste cinq minutes » qui finit souvent en une espèce de marathon numérique.
La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que Meta n’a pas suffisamment évalué les risques liés à ces mécanismes.
Pour elle, ces fonctionnalités ne sont pas seulement pratiques pour découvrir du contenu. Elles seraient pensées pour capter l’attention des utilisateurs en continu, au point de créer une forme d’utilisation compulsive.
Bruxelles considère que ces systèmes peuvent avoir des effets négatifs sur le bien-être mental et favoriser des habitudes jugées malsaines. Le problème concernerait particulièrement les adolescents et les adultes vulnérables.
Comment Meta a réagi ?
Meta conteste les conclusions provisoires de la Commission. Pour autant, l’entreprise ne reste évidemment pas les bras croisés. Elle affirme avoir déjà mis en place plusieurs protections pour les jeunes utilisateurs.
Parmi les mesures avancées par le groupe figure le lancement des comptes adolescents sur Instagram. Ces comptes activent automatiquement certaines restrictions destinées à limiter l’exposition des jeunes.
Les parents peuvent notamment contrôler certains paramètres, bloquer l’accès à Instagram pendant la nuit ou encore imposer une limite quotidienne de temps d’écran.
Cela dit, pour l’UE, ces efforts ne sont pas assez. Les outils existent, mais ils ne régleraient pas le problème principal qui est la conception même des plateformes.
Bruxelles estime que proposer des réglages supplémentaires ne suffit pas lorsque le fonctionnement général du service continue d’encourager une utilisation prolongée.
La Commission souligne également que les contrôles parentaux ne sont efficaces que si les parents savent réellement les utiliser. Or, entre les menus cachés, les paramètres multiples et les mises à jour fréquentes, protéger son enfant ne donne pas très envie.
Que demande l’Union européenne exactement ?
Eh bien c’est simple. L’UE demande à Meta de revoir directement le fonctionnement de ses applications. À savoir, désactiver par défaut la lecture automatique, limiter le défilement infini et rendre les recommandations moins dépendantes de la recherche d’engagement.
Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée de la technologie, a clairement indiqué que l’objectif n’était pas simplement de discuter avec Meta. C’est d’obtenir des changements concrets. Selon elle, les plateformes doivent être responsables de leur conception et des effets qu’elles peuvent provoquer.
Pour le moment, Meta peut encore répondre aux accusations et tenter de convaincre la Commission européenne. Mais si l’Union Européenne confirme ses conclusions, la facture pourrait être très salée.
La loi européenne sur les services numériques prévoit des sanctions pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel d’une entreprise. Pour un géant comme Meta, cela pourrait représenter plusieurs milliards de dollars.
Et pourtant, ce n’est pas le seul problème de Meta
Aux États-Unis, la firme fait également face à une importante bataille judiciaire. Plusieurs États américains l’accusent d’avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants.
Un procès doit débuter prochainement et les sommes réclamées pourraient atteindre des montants vertigineux. Selon certaines estimations rapportées par Reuters, les États pourraient demander jusqu’à 1 400 milliards de dollars de dommages et intérêts si Meta était reconnue coupable.
Une telle somme ferait presque trembler n’importe quelle entreprise, même un géant de la Silicon Valley. Elle pourrait notamment compliquer les ambitions de Meta dans un autre domaine stratégique : l’intelligence artificielle.
S’ajoute la vague de reproches autour de sa nouvelle IA Muse Image. Meta aurait activé automatiquement le partage de certains contenus pour alimenter ses outils d’IA.
Les utilisateurs peuvent désactiver cette option. Toutefois plusieurs défenseurs de la vie privée regrettent l’absence de demande de consentement plus claire.
Face aux critiques, Meta finit par retirer la fonctionnalité de Muse Image en question.
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