Les robots de livraison circulent désormais régulièrement dans le centre-ville de Philadelphie. Et bloquer leur passage n’est pas une bonne idée. Carolyn Marvin l’a appris à ses dépens après avoir barré la route d’un robot Uber Eats.

La scène s’est déroulée dans les rues de la ville américaine le 14 octobre 2026. Carolyn Marvin sortait d’un rendez-vous médical lorsqu’elle a aperçu le robot de livraison.
Elle s’est alors placée devant lui et a refusé de lui laisser le passage. Son geste ne relevait pas d’une simple envie de faire une pause au milieu du trottoir. Elle entendait protester contre l’automatisation du travail.
Une retraitée qui mène sa petite guerre depuis des mois
Selon le média local PhillyVoice, Carolyn Marvin est une femme de 78 ans. Elle a enseigné à l’Université de Pennsylvanie, où elle était notamment professeure de communication.
Et elle s’oppose aux entreprises qui remplacent les livreurs humains par des machines afin de réduire leurs coûts. Carolyn Marvin n’en était d’ailleurs pas à sa première confrontation avec ces engins.
Interrogée par la chaîne locale ABC13, elle a expliqué qu’elle s’opposait à ces machines chaque fois qu’elle en croisait une, en se plaçant devant elles pour les empêcher d’avancer.
« Je sais qu’ils prennent le travail des livreurs et, par conséquent, je proteste contre eux chaque fois que je les vois, en me plaçant devant eux et en les empêchant d’avancer. »
Cette fois, la police lui a demandé de libérer le passage. Comme elle a refusé d’obtempérer, les agents l’ont menottée et arrêtée. Les autorités l’accusent de trouble à l’ordre public.
Philadelphie et les robots ont des antécédents
Si vous voulez tout savoir, l’arrestation de Carolyn Marvin n’est pas le premier épisode de tension entre les habitants et les robots.
En mars 2026, un passant s’est assis sur l’un de ces appareils pendant une livraison. Quelques jours plus tard, un autre robot a été renversé d’un coup de pied, en pleine nuit.
Cet incident a d’ailleurs rappelé aux habitants l’histoire de hitchBOT, un robot autostoppeur décapité à Philadelphie en 2015.
Les problèmes ne se limitent pas aux actes de vandalisme. Des vidéos ont montré des robots immobilisés au milieu de la foule ou en difficulté face aux obstacles. Certains habitants et élus craignent qu’ils encombrent des trottoirs déjà étroits.
Une contestation qui dépasse les habitants
La contestation ne vient pas uniquement des passants. Les responsables politiques locaux s’interrogent eux aussi sur la place de ces machines.
En mai 2026, le conseiller municipal Jeffery Young a proposé une mesure prévoyant une surtaxe de 1 000 dollars par livraison effectuée sur un trottoir par un robot autonome.
Le montant serait à la charge des entreprises de livraison et pourrait, dans les faits, rendre le service économiquement difficile à maintenir.
De son côté, le représentant de l’État Ben Waxman a demandé à la municipalité d’envisager des restrictions dans les zones piétonnes les plus encombrées. Ces propositions témoignent d’un débat sur la sécurité, la circulation et la responsabilité des entreprises.
Elles ne signifient toutefois pas qu’une interdiction générale ait été adoptée.
Des robots déjà bien installés dans les rues américaines
Les machines impliquées appartiennent à la flotte d’Avride, une entreprise qui fournit des robots de livraison à Uber Eats.
Lancé à Philadelphie en mars 2026, le service comptait environ 24 restaurants volontaires. La ville est alors devenue la douzième à accueillir ce type de livraison autonome sur la plateforme.
Les robots utilisent des caméras, des capteurs à ultrasons et un système lidar pour repérer les obstacles et circuler sur les trottoirs. Ils roulent à une vitesse maximale d’environ 8 km/h et peuvent transporter jusqu’à 25 kg de marchandises.
Leur batterie assure une autonomie annoncée de 12 heures par recharge. Selon The Philadelphia Inquirer, chaque appareil coûte environ 10 000 dollars.
Et pour sa défense, Uber a indiqué que les livraisons robotisées ne coûtaient pas plus cher aux clients et que les robots ne recevaient pas de pourboire.
- Partager l'article :