Apple vs OpenAI : 40 anciens employés se retrouvent au cœur d’une bataille judiciaire

La bataille entre la marque à la pomme et la firme de Sam Altman s’intensifie devant les tribunaux. Apple cible désormais une quarantaine d’anciens employés qui ont rejoint OpenAI. 

Les transferts de talents entre les géants de la tech sont monnaie courante. Mais lorsqu’ils concernent des ingénieurs impliqués dans le développement de produits stratégiques, les conséquences peuvent vite dépasser le simple recrutement. C’est précisément ce qui est en train de se produire entre Apple et OpenAI. Voilà une affaire qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà de quelques départs.

Apple élargit son enquête à d’anciens employés

Selon les informations du Financial Times, Apple a envoyé des lettres de conservation de preuves à une quarantaine d’anciens employés. Ces derniers travaillent aujourd’hui chez OpenAI.

Ce type de document, appelé legal preservation letter aux États-Unis, demande aux destinataires de conserver tous les éléments susceptibles d’être utiles dans une procédure judiciaire. 

Il peut s’agir d’e-mails, de messages, de documents internes ou encore de notes de travail. Autrement dit, Apple souhaite s’assurer qu’aucune preuve potentielle ne disparaisse pendant l’enquête.

Cette initiative intervient seulement quelques jours après le dépôt d’une plainte visant OpenAI, mais aussi deux anciens employés d’Apple, Tang Tan et Chang Liu. L’entreprise estime que l’affaire pourrait concerner davantage de personnes que celles déjà citées dans sa plainte initiale.

Pourquoi Apple soupçonne OpenAI d’avoir récupéré des secrets industriels ?

Apple estime qu’OpenAI a recruté plusieurs ingénieurs occupant des postes stratégiques au sein de l’entreprise. Selon sa plainte, ces embauches auraient permis à la société de Sam Altman d’obtenir des informations confidentielles sur ses futurs produits matériels. 

Tang Tan occupe aujourd’hui le poste de responsable du matériel chez OpenAI. Avant cela, il a passé près de 24 ans chez Apple, où il supervisait notamment la conception de plusieurs appareils emblématiques. Chang Liu, de son côté, travaillait comme ingénieur système avant de rejoindre l’équipe hardware d’OpenAI.

Apple accuse les deux anciens employés d’avoir emporté des informations sensibles concernant la conception de produits, certains procédés de fabrication et d’autres secrets commerciaux. L’entreprise réclame aussi une injonction afin d’empêcher OpenAI d’utiliser ces informations dans le développement de son futur appareil dédié à l’intelligence artificielle.

La société de Cupertino affirme par ailleurs que plus de 400 anciens employés d’Apple travaillent désormais chez OpenAI. Pour elle, les éléments découverts jusqu’à présent pourraient ne représenter que la partie émergée d’un problème plus vaste. Cette affirmation provient directement de la plainte déposée par Apple et n’a, à ce stade, pas été confirmée par un tribunal.

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OpenAI conteste les accusations

De son côté, OpenAI rejette fermement les accusations. Dans une déclaration transmise à Bloomberg cette semaine, l’entreprise explique qu’elle n’a connaissance d’aucune preuve démontrant que la plainte d’Apple serait fondée. Autrement dit, OpenAI conteste les faits reprochés et entend se défendre devant la justice.

À ce stade, aucune décision judiciaire n’a été rendue. Les accusations d’Apple restent donc des allégations qui devront être examinées au cours de la procédure. Cette bataille dépasse d’ailleurs le simple cas de deux anciens ingénieurs. 

Elle illustre aussi l’intensité de la concurrence qui règne actuellement autour de l’IA. Les grands groupes recrutent des profils expérimentés, parfois directement chez leurs concurrents. Lorsque ces transferts concernent des postes stratégiques, la frontière entre mobilité professionnelle et protection des secrets industriels devient particulièrement sensible.

La procédure ne fait probablement que commencer. Si Apple estime déjà que les preuves découvertes ne sont que « la partie émergée de l’iceberg », OpenAI continue de nier tout comportement répréhensible.

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