Cette mutuelle étudiante serait victime d’une fuite de données dont 450 000 IBAN : faut-il s’inquiéter ?

Une mutuelle étudiante du Grand Est se retrouve au centre d’une inquiétante revendication. Un cybercriminel connu sous le pseudonyme de RedStone affirme avoir récupéré les bases de données du Groupe MGEL et les proposer à la vente. 

Parmi les informations qu’il prétend avoir volées figureraient plus de 450 000 IBAN. Cela dit, pour l’instant, impossible de savoir si ces chiffres correspondent réellement à une fuite. Le Groupe MGEL n’a pas confirmé publiquement avoir été victime d’une cyberattaque.

Quelles données les pirates ont-ils entre leur main ?

Selon les informations rapportées par FrenchBreaches, RedStone affirme avoir récupéré 16 bases contenant 387 tables, pour un total annoncé de 38,8 millions de lignes. 

Le contenu présumé est particulièrement varié. Le pirate évoque notamment 603 845 adresses e-mail uniques, 685 676 numéros de téléphone et plus d’un million de couples nom-prénom.

Mais ce sont surtout les informations bancaires qui attirent l’attention. La revendication fait état de 450 806 IBAN différents. Un fichier de 349 371 lignes contiendrait même, toujours selon le pirate, le nom, le prénom, le numéro de téléphone et l’IBAN complet de chaque personne concernée. 

Les informations potentiellement exposées ne se limiteraient toutefois pas aux coordonnées bancaires. La liste publiée comprendrait également des adresses, dates de naissance, données liées aux études, informations de facturation et identifiants de connexion.

RedStone affirme par ailleurs avoir trouvé des mots de passe enregistrés directement en clair dans certaines tables. D’autres seraient stockés sous forme d’empreintes SHA-256.

En quoi cette éventuelle fuite de données chez MGEL serait inquiétante et comment se protéger ?

Comme je disais, ces éléments sont des affirmations du cybercriminel. Les échantillons rendus accessibles ne suffisent pas à confirmer l’intégralité des données annoncées, notamment le nombre exact d’IBAN. 

Tant que MGEL n’aura pas communiqué officiellement sur le sujet, l’ampleur réelle de l’incident reste donc inconnue. Pour autant, cette affaire n’est pas à prendre à la légère. Pourquoi ?

Puisqu’une telle association d’informations pourrait faciliter les campagnes d’hameçonnage. Avec quelques données personnelles déjà connues, un faux conseiller bancaire ou un prétendu représentant de la mutuelle peut facilement rendre son message beaucoup plus crédible. 

Pour les adhérents MGEL, quelques précautions restent donc pertinentes. Se méfier des messages demandant un RIB ou un paiement et surveiller les opérations bancaires vont par exemple en première ligne. 

Ne vous privez pas non plus de changer vos mots de passe réutilisés sur plusieurs services. Une arnaque n’a pas forcément besoin d’un gros scénario. Parfois, quelques informations bien choisies suffisent. 

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