Dix mois. C’est le temps qu’un pirate informatique a passé dans les serveurs de la diplomatie sud-coréenne sans éveiller le moindre soupçon.
Cette intrusion a provoqué ce que les autorités qualifient de fuite de données « sans précédent ». Des milliers de diplomates sud-coréens, y compris des représentants actuellement en poste à l’étranger, sont concernés.
Que s’est-il passé ?
Tout a commencé en avril 2025. Le pirate a alors exploité une faille de sécurité dans le serveur de la plateforme de formation en ligne. Enfin… celle de l’Académie diplomatique nationale.
Selon le ministère des Affaires étrangères, il s’agit d’une vulnérabilité zero day. Un genre particulièrement redoutable puisqu’elle est exploitée avant même que son existence soit connue.
Les outils de sécurité classiques avaient très peu de chances de la repérer. Et pourtant, elle a permis au pirate d’obtenir les droits d’administrateur sur un serveur et d’étendre progressivement son contrôle. Il a ainsi pu accéder à une grande partie de l’infrastructure.
Ce n’est qu’en février 2026 que le Service national du renseignement sud-coréen a détecté une activité inhabituelle. Une fois alerté, le ministère a immédiatement déconnecté le réseau concerné, qui reste d’ailleurs hors service aujourd’hui.
Des investigations ont ensuite été lancées pour mesurer l’ampleur de la fuite et tenter d’identifier les auteurs de l’attaque. Le ministère affirme cependant avoir attendu plusieurs mois avant de communiquer publiquement.
En raison du caractère extrêmement délicat des informations impliquant des diplomates et des enjeux liés à la sécurité nationale, c’est compréhensible..
Une plateforme de formation piratée, des tas de données compromises…
Pendant ces dix mois, le pirate a eu accès aux informations de diplomates. Parmi les données compromises figurent notamment leurs noms, leurs identifiants de connexion, leurs fonctions et leurs mots de passe chiffrés.
Le ministère rassure toutefois. Aucune donnée particulièrement sensible, comme les numéros d’identité, les numéros de téléphone ou les adresses personnelles, n’a été compromise.
Les premières estimations font état d’au moins 6 000 victimes. Mais selon l’agence de presse Yonhap, le nombre réel pourrait grimper jusqu’à 10 000. Ce qui représenterait presque l’ensemble du personnel diplomatique sud-coréen, qu’il soit encore en fonction ou déjà retraité.
Parmi eux figurent plusieurs centaines de diplomates actuellement en poste dans différents pays.
Mais qui est derrière cette opération ?
Pour l’instant, les autorités reconnaissent ne pas disposer de suffisamment d’éléments techniques pour désigner un responsable avec certitude. Bien entendu, elles n’écartent aucune piste. Y compris celle de groupes de pirates soutenus par des États.
Sans grande surprise, les soupçons se tournent déjà vers la Corée du Nord, régulièrement accusée de mener ce type de cyberopérations. Tout comme la Chine. Mais à ce stade, aucune preuve ne permet d’attribuer officiellement l’attaque à l’un ou l’autre de ces pays.
Quoi qu’il en soit, ce piratage à Séoul n’est pas qu’un simple fait divers lointain. Avec les accès de milliers de diplomates sud-coréens dans la nature, les pirates peuvent désormais usurper leur identité.
Et pas pour le fun, c’est certain. Ils s’en serviront pour piéger leurs interlocuteurs… Pourquoi pas les diplomates français ? Mais pas seulement eux.
Entreprises françaises implantées en Corée, chercheurs spécialisés ou journalistes de terrain… Toute personne en relation avec la diplomatie sud-coréenne devient une cible potentielle. Alors, prudence !
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