Plus d’un milliard de téléchargements ont placé Clean Master au cœur d’un vaste système de collecte de données. Oui, les promesses de nettoyage cachait surtout une mécanique bien moins rassurante.
Vous pensiez installer une application pour libérer quelques mégaoctets ? Le problème allait beaucoup plus loin. Clean Master, édité par Cheetah Mobile, a longtemps figuré parmi les applications Android les plus populaires.
Son succès reposait sur une promesse d’accélérer votre smartphone. D’ailleurs, qui voulait d’un téléphone lent ? Pourtant, les données récupérées par Clean Master dessinaient un portrait beaucoup plus précis de ses utilisateurs. Détails.
Les données récupérées par Clean Master
Au début des années 2010, les applications de nettoyage répondaient à un vrai besoin. Les smartphones disposaient alors de peu de mémoire vive. Android gérait aussi moins efficacement certaines ressources.
Les choses ont depuis changé. Le système de Google gère lui-même la mémoire disponible et ferme les processus lorsque cela devient nécessaire. Forcer régulièrement l’arrêt des applications peut même provoquer l’effet inverse.
Clean Master continuait pourtant de présenter son bouton « Nettoyer » comme une solution miracle. Cette promesse permettait surtout de maintenir l’utilisateur dans une logique d’optimisation permanente. Mais le véritable problème se trouvait ailleurs : les informations récupérées par l’application.
En effet, pour fonctionner, Clean Master demandait de nombreux accès au smartphone. L’application pouvait notamment accéder aux contacts, aux SMS et aux journaux d’appels.
Elle récupérait également des informations liées à la localisation, aux réseaux Wi-Fi et aux applications installées. Ces éléments permettaient de construire un profil très détaillé de l’utilisateur.
La collecte ne servait pas uniquement à améliorer l’expérience. Car Cheetah Mobile possédait aussi sa propre régie publicitaire, Cheetah Ads. Les informations récoltées pouvaient donc alimenter son activité publicitaire.
Certaines données d’usage servaient même à calibrer les alertes affichées dans Clean Master. Un téléphone présenté comme « lent » pouvait ainsi pousser l’utilisateur vers une action précise.
Une affaire de fraude publicitaire vient aggraver le dossier
Le problème ne s’arrêtait pas à la collecte. En 2018, Kochava et BuzzFeed News ont révélé un système de « click injection ».
Certaines applications de Cheetah Mobile surveillaient les installations réalisées sur les smartphones. Elles pouvaient ensuite faire croire aux plateformes publicitaires qu’elles avaient généré ces installations.
Cheetah Mobile aurait ainsi perçu des commissions pour des téléchargements qu’elle n’avait pas provoqués. Google a ensuite retiré plusieurs applications concernées. À partir de 2020, le géant américain a progressivement banni l’écosystème de Cheetah Mobile. Près de 600 applications auraient finalement disparu du Play Store.
Bref, l’histoire de Clean Master rappelle donc une règle simple. Votre smartphone sait déjà gérer sa mémoire, son stockage et ses ressources.
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