L’intelligence artificielle transforme les méthodes utilisées par les cybercriminels et place le facteur humain au cœur des stratégies de défense. Une étude européenne montre que les RSSI attendent désormais un engagement plus durable des directions pour limiter ces nouveaux risques.
La cybersécurité ne dépend plus uniquement des outils déployés dans les entreprises. Les comportements des collaborateurs occupent désormais une place centrale, sous l’effet de l’intelligence artificielle qui facilite des attaques plus crédibles et plus difficiles à identifier. Une enquête de MetaCompliance montre que les responsables sécurité attendent un engagement plus fort des directions générales pour répondre à cette évolution.
Les RSSI voient le facteur humain prendre une nouvelle dimension
Les campagnes de phishing maladroites appartiennent peu à peu au passé. Les solutions d’intelligence artificielle donnent aux cybercriminels la capacité de produire des messages convaincants, des faux échanges professionnels ou encore des usurpations d’identité difficiles à détecter.
Cette mutation modifie les priorités des équipes de cybersécurité. L’étude menée auprès de 200 RSSI en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suède révèle que 68 % d’entre eux considèrent les collaborateurs comme le principal point d’exposition de leur organisation. Pour les responsables qui estiment leur niveau de cyber-résilience en recul, les techniques d’ingénierie sociale alimentées par l’IA expliquent largement cette perte de confiance.
Les entreprises ne doivent donc plus limiter leurs efforts à la protection des infrastructures. Les décisions prises au quotidien par les salariés deviennent un élément déterminant dans la capacité à résister aux attaques.
Une gouvernance encore jugée insuffisante
L’enquête met également en évidence une difficulté récurrente : la cybersécurité peine encore à mobiliser durablement les directions générales. Près de 78 % des RSSI estiment que les cadres dirigeants ne mesurent pas pleinement les risques liés aux comportements humains.
Le constat ne s’arrête pas là. Selon 79 % des personnes interrogées, l’implication des dirigeants diminue une fois les premières campagnes de sensibilisation passées. De leur côté, 76 % expliquent devoir répondre à des attentes différentes selon les métiers lorsqu’il faut évaluer le risque humain ou présenter des indicateurs de sécurité.
Cette fragmentation ralentit les prises de décision et complique la définition d’une stratégie commune. Pour près d’un quart des RSSI, la coordination entre les différentes fonctions de l’entreprise représente même l’un des sujets sur lesquels ils disposent du moins de certitudes.
La cybersécurité dépasse désormais le périmètre des équipes IT
Les résultats de l’étude illustrent une transformation plus profonde. Les usages de l’IA générative ouvrent de nouveaux scénarios de risque. 4 RSSI sur 10 redoutent que des informations confidentielles soient transmises à des plateformes d’IA par des collaborateurs. Une proportion comparable craint également que ces technologies facilitent des actes de fraude interne ou des vols de données.
James Mackay, directeur général de MetaCompliance, estime que les entreprises doivent désormais considérer le cyberrisque humain comme une question de gouvernance. Il rappelle que les collaborateurs ont besoin d’un accompagnement au moment précis où une décision sensible doit être prise, plutôt que d’une simple formation ponctuelle.
À mesure que les contenus créés par intelligence artificielle deviennent plus réalistes, la frontière entre communication authentique et tentative de manipulation s’amenuise. Pour les organisations, la résilience reposera autant sur la qualité des outils de sécurité que sur la capacité des dirigeants à faire de la vigilance un réflexe partagé par l’ensemble des métiers.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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