Nouvelle forme d’arnaque sur Instagram ! Les escrocs déposent désormais de fausses plaintes pour violation de droits d’auteur et provoquent la suspension des comptes. Ils réclament ensuite de l’argent aux victimes afin de faire disparaître le problème.
Vous êtes sans doute au courant. Meta permet aux ayants droit de signaler une publication qui utiliserait leur contenu sans autorisation. Là où ça se complique, c’est que cette procédure peut aussi être détournée par des personnes mal intentionnées.
Comme le rapporte la BBC, des escrocs exploitent ce système pour cibler des créateurs. Leur méthode est assez simple. Envoyer une plainte, attendre que le compte soit suspendu, puis contacter son propriétaire en lui proposant de retirer le signalement… moyennant paiement.
Olly, une victime de cette arnaque sur Instagram
Olly, qui gère le compte Lost in Time History, en a fait les frais en effet. Sa page rassemble plus de 1,5 million d’abonnés. Elle publie notamment des photographies historiques appartenant au domaine public ou utilisées avec l’autorisation de leurs propriétaires.
Malgré cela, son compte a reçu plusieurs dizaines de plaintes pour violation de droits d’auteur qu’il considère comme totalement infondées. Certaines auraient même été envoyées depuis une seule adresse e-mail.
Le problème ne s’arrête pas au signalement. Lorsque Meta suspend un compte, la procédure d’appel peut prendre plusieurs semaines. Pour un créateur qui dépend de ses publications pour gagner sa vie, quelques semaines sans accès normal à son compte peuvent donc faire très mal.
Olly affirme ainsi avoir perdu plusieurs milliers de livres sterling. À bout de patience, il a finalement payé environ 43 euros en cryptomonnaie à ses interlocuteurs pour que son compte soit rétabli.
Sauf que Mais payer n’a visiblement pas réglé le problème. De nouvelles plaintes sont apparues ensuite. Instagram a fini par démonétiser son compte, l’empêchant de tirer des revenus de ses publications les plus populaires.
« Le pire, c’est de devoir payer la personne qui vous a infligé toutes ces souffrances pour que cela recommence aussitôt », a-t-il expliqué à la BBC.
Des règles qui ne sont pas toujours entre de bonnes mains
Meta assure que ses règles sont conçues pour protéger les créateurs. Selon l’entreprise, seuls les titulaires de droits ou leurs représentants autorisés sont censés pouvoir déposer des signalements.
La BBC a pourtant identifié trois personnes installées en Inde ou dans des pays voisins qui déposent des plaintes sans détenir elles-mêmes les droits concernés. Elles contestent toutefois l’idée de prendre les comptes en otage.
L’une d’elles aurait demandé environ 773 euros à une victime pour mettre fin à une plainte. Elle affirme qu’il s’agissait simplement de sa rémunération et reconnaît avoir conservé l’argent.
Les deux autres assurent ne rien gagner grâce à ces démarches. Elles disent recevoir les contenus à examiner de la part de propriétaires de comptes ou de représentants.
Il existe évidemment des sociétés parfaitement légitimes qui gèrent les droits d’auteur pour leurs clients. La différence, selon Olly, est assez facile à constater : ces entreprises sont établies et travaillent officiellement pour les détenteurs des droits.
L’IA complique encore plus les choses
Pour tout vous dire, ce type de chantage n’est pas nouveau. Andres Guadamuz, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle à l’université du Sussex, rappelle que des méthodes similaires existaient déjà aux débuts d’Internet.
Des propriétaires de sites recevaient notamment des menaces concernant des images prétendument protégées. YouTube a lui aussi connu des abus comparables.
Mais l’arrivée de l’intelligence artificielle pourrait rendre ces campagnes beaucoup plus faciles à organiser. Comme le dit Guadamuz, l’IA permet désormais d’automatiser une partie du travail. Repérer des cibles, produire des messages, multiplier les démarches…
Et quand une machine peut faire en quelques minutes ce qui demandait auparavant beaucoup plus de temps, les escrocs peuvent forcément passer à une autre échelle.
Alors, que faire pour se protéger ?
Ne pas se précipiter, c’est sans doute le conseil numéro un. Puis, ne pas payer. Même si la somme demandée paraît dérisoire par rapport aux revenus perdus, rien ne garantit que le problème s’arrêtera après le paiement.
Aussi, gardez les messages, les captures d’écran, les adresses e-mail, les identifiants des comptes et les demandes de paiement. Ces éléments peuvent servir de preuves lors d’un recours ou d’un signalement.
Si Instagram retire votre contenu à la suite d’une plainte pour copyright alors que vous estimez qu’elle est fausse, ne cherchez pas un prétendu « spécialiste Meta » sur Telegram.
La plateforme prévoit officiellement une procédure d’appel lorsqu’un contenu a été supprimé après un signalement de droits d’auteur. Selon le cas, la plateforme permet également de déposer une contre-notification DMCA.
Surtout, passez uniquement par les voies officielles. Pour rappel, la plateforme propose une assistance par chat aux abonnés de Meta Verified.
Cet abonnement coûte environ 11,60 euros par mois et donne notamment accès à un service d’assistance disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Sinon, activer l’authentification à deux facteurs, utiliser un mot de passe unique, surveiller les connexions inhabituelles et vérifier régulièrement les e-mails de sécurité reçus de Meta sont aussi de bons réflexes.
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