Des militants écologistes ont visé un chantier de data center de Microsoft aux Pays-Bas en lançant des ballons remplis d’un mélange corrosif. Le collectif entend alerter sur les conséquences environnementales de l’essor de l’intelligence artificielle.
Les data centers sont devenus l’un des symboles de la révolution de l’IA. Mais à mesure que ces gigantesques infrastructures se multiplient, les critiques gagnent en intensité. Et ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de l’impact de ces constructions sur l’environnement.
Des militants ont donc décidé d’agir contre un chantier de data center de Microsoft pour exprimer leur mécontentement. Leur méthode ne passe pas inaperçue. Car, ils ont lancé des ballons remplis d’un mélange corrosif sur le site en construction.
Qu’ont fait exactement les militants contre le chantier de Microsoft ?
Un chantier de data center de Microsoft situé près d’Amsterdam a été pris pour cible par des militants du mouvement Extinction Rebellion. Selon les informations rapportées par The Register, les manifestants ont lancé des ballons remplis d’un mélange composé de peroxyde d’hydrogène, d’acide acétique, de sel et de peinture acrylique sur le bâtiment en construction.
Le collectif affirme que cette combinaison peut attaquer le béton, tandis que le peroxyde d’hydrogène accélère la corrosion de l’acier. En revanche, il n’existe, à ce stade, aucune confirmation concernant les dégâts réellement causés au chantier. Leur ampleur reste donc inconnue.
L’objectif semblait surtout symbolique. Extinction Rebellion est connu pour ses opérations de désobéissance civile destinées à attirer l’attention sur les questions climatiques. Le mouvement a déjà mené plusieurs actions de ce type, notamment contre des entreprises du secteur des énergies fossiles ou des compagnies d’assurance.
Pourquoi les data centers de Microsoft cristallisent les critiques ?
Si les infrastructures de Microsoft attirent les regards, ce n’est pas uniquement en raison de leur lien avec l’IA. Les data centers sont énergivores. Ils nécessitent d‘immenses quantités d’électricité pour alimenter les serveurs, mais aussi pour maintenir ces derniers à une température acceptable grâce aux systèmes de refroidissement. Dans certaines régions, leur consommation d’eau soulève également des inquiétudes.
Les militants affirment que le futur centre de données de Microsoft exploiterait une faille réglementaire. Celle-ci lui permettrait d’échapper aux restrictions imposées aux très grands centres informatiques, parfois qualifiés d’« hyperscalers ».
Le collectif soutient aussi que cette installation serait construite dans une zone déjà confrontée à des tensions sur le réseau électrique. Ces affirmations proviennent du communiqué publié par le mouvement et n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
Pour les opposants, ces projets illustrent les conséquences environnementales de la course mondiale à l’IA. Plus les modèles deviennent puissants, plus les besoins en infrastructures explosent.
Le climat n’est plus leur seul combat
L’action menée par des militants contre Microsoft ne se limite pas aux questions écologiques. Dans son communiqué, Extinction Rebellion fait également le lien avec les activités de Microsoft en lien avec Israël et la guerre à Gaza. Le collectif s’appuie sur des accusations formulées par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains.
Le mouvement estime que ces différents sujets sont liés et dénonce l’influence des grandes entreprises technologiques. Martijn Dekker, porte-parole d’Extinction Rebellion, affirme que les citoyens doivent « résister au pouvoir antidémocratique » exercé, selon lui, par une poignée de grandes fortunes et de multinationales.
Il considère que l’arrêt de la construction de ce centre de données constitue une étape nécessaire dans cette lutte. Ces déclarations reflètent la position du mouvement écologiste et ne constituent pas des faits établis.
Cette opération illustre surtout un phénomène qui prend de l’ampleur. Les infrastructures indispensables au développement de l’IA ne sont plus seulement un enjeu technologique. Elles deviennent aussi un terrain d’affrontement politique, environnemental et sociétal.
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