Les data centers sont connus pour leur forte consommation d’électricité et d’eau. Mais à Cheyenne, dans le Wyoming, un autre problème est venu s’ajouter à la liste : la pollution des eaux usées.
Les autorités locales ont suspendu l’acceptation des rejets industriels provenant des centres de données. Car une bactérie perturbant le fonctionnement des stations d’épuration de la ville a été découverte.
Au fait, avant leur mise en service, les circuits de refroidissement doivent être remplis d’eau puis rincés afin d’éliminer les débris présents dans les canalisations. Cette étape produit des eaux usées qui sont habituellement évacuées vers le réseau d’assainissement.
C’est ce rejet qui aurait introduit la bactérie dans le système municipal. Les autorités précisent toutefois qu’elles ignorent toujours comment elle s’est retrouvée dans cette eau.
La bactérie n’est pas habituellement recherchée lors des contrôles sanitaires. Ce qui explique qu’elle ait été découverte par hasard lors d’analyses de routine.
Selon le Board of Public Utilities, l’organisme chargé de l’eau et de l’assainissement, la contamination serait liée à un chantier de Meta.
Quel lien avec les data centers de Meta ?
Meta construit actuellement un vaste campus de centres de données dans le parc d’activités High Plains, au sud de Cheyenne. D’un coût estimé à environ 740 millions d’euros, le site est baptisé Project Cosmo.
Le projet est réalisé par Goat Systems LLC. En février, lors d’un contrôle de routine, le laboratoire municipal a détecté Cupriavidus gilardii. Il s’agit d’une bactérie résistante aux métaux.
Après enquête, le Board a conclu qu’elle provenait des opérations de remplissage et de rinçage des circuits de refroidissement. Celles effectuées sur le chantier du futur data center de Meta.
La contamination a perturbé pendant plusieurs mois les stations d’épuration de Dry Creek et de Crow Creek. Face à cette situation, les autorités ont rapidement réagi.
Dès le 24 mars, Goat Systems a perdu son autorisation de rejeter les eaux issues de ces opérations dans le réseau d’égouts municipal.
La mesure a ensuite été élargie à tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne. Y compris ceux utilisant des systèmes de refroidissement en circuit fermé.
Pourquoi est-ce inquiétant ?
L’incident suscite des inquiétudes concernant la réutilisation des eaux traitées. Voyez-vous, à Cheyenne, une partie des eaux usées est utilisée pour irriguer les parcs, les terrains de golf et d’autres espaces verts.
Selon les responsables du Board, cette pratique pourrait favoriser la dispersion de la bactérie sous forme d’aérosols. Certes Cupriavidus gilardii ne figure pas parmi les contaminants réglementés.
Pour autant, les perturbations causées sont jugées suffisamment importantes pour constituer une violation majeure des normes de fonctionnement.
Heureusement, Meta affirme avoir pris des mesures immédiates. Son entrepreneur général, Fortis, a cessé les rejets dans le réseau municipal et fait désormais évacuer les eaux usées hors du site.
Cela dit, l’entreprise souligne également que la bactérie a été détectée dans les eaux usées de la ville, et non dans l’eau potable. De son côté, un expert environnemental indépendant mandaté par Fortis indique n’avoir trouvé aucune trace de cette bactérie lors de ses analyses.
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