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Honda : Ses batteries de voitures électriques vont maintenant alimenter les data centers 

Le constructeur japonais Honda vient de lancer la production de batteries de stockage d’énergie dans son usine de l’Ohio. À l’origine, ces installations devaient fabriquer les batteries de plusieurs modèles électriques destinés au marché américain. 

Les cellules devaient équiper trois véhicules électriques dont le SUV Honda Zero plus précisément. Du moins, à ce que rapporte Nikkei Asia. Mais après l’annulation de ces voitures en mars, hors de question de laisser les lignes de production tourner au ralenti.

Ainsi, Honda s’est trouvé une nouvelle mission pour son usine. Laquelle ? Fabriquer des batteries de stockage stationnaire. Contrairement aux cellules installées dans les voitures, ces systèmes restent fixes. 

Ils sont raccordés à un bâtiment ou directement au réseau électrique afin de stocker de l’énergie et de la redistribuer lorsque les besoins augmentent. Les centres de données figurent parmi les premiers clients visés par cette nouvelle activité. 

Pourquoi Honda préfère fabriquer des batteries pour data centers ?

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Ce changement de stratégie intervient dans un contexte compliqué pour les véhicules électriques. En septembre dernier, le Congrès américain a supprimé le crédit d’impôt fédéral accordé à leur achat. 

Depuis, les ventes ralentissent, une partie des consommateurs ayant avancé leurs achats avant la disparition de cet avantage fiscal. La situation n’est pas plus favorable en Chine, où Honda voit également ses ventes de voitures électriques reculer. 

Ces difficultés ont lourdement pesé sur les comptes du constructeur. Lors du dernier exercice, Honda a enregistré une dépréciation d’environ 14,6 milliards d’euros. Le constructeur a même publié son premier exercice annuel déficitaire depuis son entrée en Bourse. 

En réorientant sa production vers les batteries de stockage, Honda maintient donc son usine en activité. Ce, tout en attendant d’y voir plus clair sur l’évolution du marché américain des véhicules électriques. 

D’ailleurs, Honda n’est pas le seul constructeur à voir un avenir dans le stockage d’énergie. Ford a récemment lancé sa filiale Ford Energy. Dotée d’un budget d’environ 1,9 milliard d’euros, elle vise à développer de grands systèmes de stockage dans une ancienne usine du Kentucky. 

General Motors suit la même direction. Le constructeur a annoncé ce mois-ci trois nouveaux partenariats dans ce secteur. Dont un avec Peak Energy autour de batteries utilisant la technologie sodium-ion. 

Le leader reste toutefois Tesla, dont le Megapack domine largement ce marché. Cette activité génère pour le constructeur une marge brute proche de 30 %, soit près du double de celle réalisée sur ses véhicules. 

Ce n’est pas la seule explication 

L’intérêt grandissant des constructeurs s’explique aussi par l‘explosion des besoins énergétiques des centres de données. Voyez-vous, entre janvier et mars, les installations de stockage stationnaire aux États-Unis ont atteint près de dix gigawattheures. 

C’est un niveau record en hausse de 32 % sur un an. Cette capacité représente l’équivalent des batteries de près de 120 000 voitures électriques. Et ce n’est que le début.

Selon la SEIA, les installations pourraient atteindre 110 gigawattheures par an d’ici la fin de la décennie. C’est-à-dire, près de trois fois le rythme actuel. Les data centers représentent une part importante de cette demande.

Toutefois les gestionnaires de réseaux électriques utilisent également ces batteries. Pour stabiliser l’alimentation, accompagner le développement des énergies solaire et éolienne…

Cette tendance dépasse d’ailleurs largement les États-Unis. En France, la consommation électrique des centres de données a bondi de 38 % en seulement trois ans pour atteindre 2,7 térawattheures en 2024. 

RTE prévoit qu’elle pourrait être multipliée par quatre à huit d’ici 2035. À l’échelle européenne, la capacité des data centers devrait passer de 12 à 28 gigawatts entre 2025 et 2030. 

En parallèle, le programme européen InvestAI prévoit la construction de cinq immenses infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle. Chacune nécessite jusqu’à un gigawatt de puissance. 

Honda n’a toutefois pas indiqué si les batteries produites dans son usine de l’Ohio pourraient, à terme, alimenter ces futures installations européennes.

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