Bhavin Turakhia présentant Neo face à Microsoft Office dans un environnement de travail moderne

Microsoft Office face à un nouveau rival : 30 millions de dollars misés sur une alternative IA

Bhavin Turakhia a financé lui-même le lancement de Neo à hauteur de 30 millions de dollars pour proposer une véritable alternative à Microsoft Office. L’entrepreneur indien fait donc le pari que les entreprises sont prêtes à adopter une nouvelle génération de plateformes de productivité, conçues dès l’origine autour de l’IA.

L’idée de concurrencer Microsoft Office semblait encore irréaliste il y a quelques années. Pourtant, l’entrepreneur indien Bhavin Turakhia estime que l’arrivée de l’IA générative a changé cela. Le fondateur de Zeta vient d’investir 30 millions de dollars de sa fortune personnelle pour lancer Neo. Il s’agit d’une plateforme de travail pensée dès son origine autour de l’intelligence artificielle. Plus qu’une nouvelle suite bureautique, son ambition est de proposer une véritable alternative à Microsoft Office.

Microsoft, Google et Salesforce accélèrent tous l’intégration de l’IA dans leurs logiciels professionnels. Les entreprises s’interrogent donc si les nouveaux entrants peuvent offrir une solution plus innovante. Voire moins coûteuse que les offres actuelles comme Microsoft 365 Copilot.

Pourquoi Bhavin Turakhia veut repartir de zéro avec son alternative de Microsoft Office ?

Selon Bhavin Turakhia, “l’erreur des éditeurs historiques consiste à ajouter des fonctionnalités d’IA à des logiciels conçus bien avant l’essor de l’IA générative”. Pour lui, cette approche atteint rapidement ses limites. Il compare cette transformation à la tentative de convertir un ancien téléphone en smartphone moderne. Certaines architectures doivent donc être entièrement repensées.

La plateforme Neo rassemble dans une seule interface la gestion de projet, les documents, le stockage de fichiers et les capacités d’IA. L’objectif n’est pas d’ajouter un chatbot à côté d’un logiciel existant, mais de faire de l’IA un élément central des flux de travail.

Autre particularité revendiquée par la startup de Bhavin Turakhia, Neo se veut indépendant des modèles d’IA. Les entreprises pourraient ainsi changer de fournisseur de modèles sans remettre en cause leur environnement de travail. Cette approche est susceptible d’intéresser les organisations soucieuses d’éviter toute dépendance technologique.

Au cours des vingt dernières années, Bhavin Turakhia a déjà financé sur fonds propres plusieurs entreprises technologiques avant d’ouvrir leur capital à des investisseurs. Il applique aujourd’hui la même méthode à Neo. Il est convaincu que l’IA représente une rupture suffisamment importante pour justifier un investissement personnel de cette ampleur.

L’IA peut-elle remplacer Word, Excel et PowerPoint en entreprise ?

Pour autant, devenir une véritable alternative de Microsoft Office reste un défi considérable. Microsoft bénéficie d’une base installée de centaines de millions d’utilisateurs et d’un écosystème très intégré aux entreprises. Sans oublier une offre enrichie par Microsoft 365 Copilot. Google Workspace poursuit également la même stratégie. Tandis que des acteurs comme Notion, Anthropic, OpenAI ou Superhuman multiplient eux aussi les innovations destinées aux travailleurs du savoir.

Dans ce paysage très concurrentiel, Neo ne cherche pas nécessairement à détrôner Microsoft à court terme. Bhavin Turakhia estime que “le marché des logiciels professionnels est suffisamment vaste pour permettre à plusieurs acteurs de coexister”. Selon lui, “capter seulement 2 % à 5 % des dépenses mondiales consacrées aux logiciels d’entreprise IA suffirait à bâtir une entreprise de très grande taille”.

La jeune pousse cible d’abord les PME ainsi que les professionnels des secteurs technologiques, du conseil et des services. Depuis plusieurs mois, la plateforme est déjà utilisée au sein des différentes entreprises de Bhavin Turakhia. Notamment chez Zeta, afin de valider son fonctionnement avant un déploiement plus large.

L’autre enseignement concerne la manière dont Neo a été développée. Bhavin Turakhia affirme que “la première version de la plateforme a été conçue en seulement trois mois grâce à une utilisation intensive de l’IA dans le développement logiciel”. Un projet comparable aurait nécessité plus d’un an auparavant, avec une équipe d’ingénieurs bien plus importante. Aujourd’hui, la startup basée à Bengaluru compte environ 45 collaborateurs. Et elle prévoit de dépasser les 100 employés d’ici la fin de l’année. En recrutant principalement des spécialistes de l’IA et du génie logiciel.

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