Un contrat potentiel de 6,5 milliards de dollars avec Meta pourrait offrir à Samsung bien plus qu’un nouveau client. Après Tesla et plusieurs discussions rapportées avec des géants de la tech, le groupe sud-coréen commence à retrouver une place importante dans la fabrication des puces IA avancées.
Samsung pourrait décrocher l’une des commandes les plus importantes de son activité de fonderie. Meta discuterait avec le groupe sud-coréen pour concevoir et fabriquer ses prochaines puces d’intelligence artificielle MTIA. Le montant potentiel de l’accord s’élève à plus de 6,5 milliards de dollars. Cela pourrait donc être une nouvelle chance pour Samsung Foundry, longtemps distancé par TSMC sur les procédés de fabrication les plus avancés.
Selon un rapport de Benzinga, les accélérateurs de troisième génération seraient produits avec le procédé de gravure en 2 nanomètres de Samsung. C’est alors un changement notable puisque les précédentes générations de MTIA étaient fabriquées par TSMC. Toutefois, les entreprises concernées n’ont pas confirmé publiquement l’accord à ce stade.
Le contrat avec Meta relance Samsung dans les fonderies
Le contrat potentiel de Samsung avec Meta n’arrive pas seul. En 2025, le groupe sud-coréen avait déjà sécurisé un accord de 16,5 milliards de dollars avec Tesla. L’objectif était de produire des puces d’intelligence artificielle avec son procédé 2 nanomètres. Plus récemment, Google a également été cité dans des discussions avec Samsung pour fabriquer une partie d’un futur processeur IA.
Pris séparément, chaque dossier peut sembler opportuniste. Ensemble, ils prouvent que les grands groupes technologiques cherchent davantage d’options pour fabriquer leurs puces propriétaires.
Meta veut porter la capacité de ses centres de données à cinq gigawatts d’ici 2030 et accélérer fortement son cycle de développement. Son objectif rapporté est de lancer une nouvelle génération de puces IA tous les six mois. Samsung ne serait d’ailleurs pas limité à la production. Car sa division System LSI collaborerait également aux efforts de développement des futurs accélérateurs MTIA. Et c’est le type de client dont Samsung Foundry a besoin.
$META is reportedly in talks with Samsung Foundry on a $6.5B deal to manufacture its third generation MTIA AI chips.
— Shay Boloor (@StockSavvyShay) July 3, 2026
The chips would be built on Samsung’s 2nm process marking a shift from $TSM for Meta’s latest in house AI accelerator. pic.twitter.com/QHiAtE9HiG
D’autres discussions renforcent cette lecture. Anthropic étudierait également les procédés avancés de Samsung pour développer ses propres semi-conducteurs. Et aussi pour réduire sa dépendance aux accélérateurs tiers. Si ces projets se concrétisent, le carnet de commandes de Samsung pourrait approcher 50 000 milliards de wons à moyen et long terme.
Comment l’IA offre une nouvelle chance au groupe sud-coréen ?
Mais le retour potentiel de Samsung ne signifie pas que TSMC perd sa domination. Mais le boom des infrastructures d’IA crée une situation favorable aux challengers. Les hyperscalers développent leurs propres accélérateurs. C’est pour mieux contrôler leurs coûts, adapter le matériel à leurs charges de travail et limiter leur dépendance aux fournisseurs externes.
Par ailleurs, l’explosion des besoins en calcul exerce une pression croissante sur les capacités de fabrication avancées. Google cherche lui aussi à diversifier sa chaîne de production. Alors que la demande en IA pourrait transformer TSMC en problème pour une partie du secteur.
Samsung peut donc exploiter cette fenêtre. Son procédé 2 nanomètres devient le cœur de sa stratégie pour attirer les concepteurs de puces IA personnalisées. Tesla a déjà donné une première validation commerciale et Google pourrait l’élargir. Meta, avec un contrat potentiel supérieur à 6,5 milliards de dollars, donnerait à Samsung une tout autre dimension.

Toutefois, dans les fonderies, signer des clients prestigieux ne suffit pas. Samsung devra démontrer qu’elle peut produire en volume et maintenir des rendements élevés. Sans oublier sa capacité à respecter les calendriers des entreprises engagées dans la course à l’IA.
Mais le rapport de force commence peut-être à évoluer. Les investissements massifs dans les centres de données ne profitent plus uniquement aux fabricants de GPU. Ils créent aussi une nouvelle demande pour des puces propriétaires. Et ils poussent les géants technologiques à multiplier leurs partenaires industriels.
Pour Samsung Foundry, Meta pourrait ainsi devenir le symbole d’un comeback attendu depuis plusieurs années. Pas encore une revanche sur TSMC, mais peut-être le début d’un marché des fonderies beaucoup moins verrouillé.
- Partager l'article :