Si cette 8e de finale a laissé un goût amer aux supporters du Brésil, un invité inattendu a tout de même réussi à faire l’unanimité. À la mi-temps, Atlas a fait une apparition remarquée sur la pelouse en apportant le ballon du match devant des milliers de spectateurs.
Les robots évoluent à une vitesse impressionnante. Ils nous défient, nous les êtres humains, dans presque tous les domaines, de l’industrie au sport en passant par les tâches du quotidien. Mais, jusqu’ici, leurs exploits se déroulaient surtout dans des laboratoires ou des environnements soigneusement contrôlés.
Mais Atlas a quitté ce terrain de jeu bien balisé pour s’offrir une apparition à la mi-temps d’un huitième de finale de la Coupe du monde. Et, pendant quelques minutes, le robot humanoïde a presque réussi à faire oublier Neymar et Haaland.
Atlas transforme la mi-temps en démonstration technologique
Dimanche, au New York New Jersey Stadium, Atlas est apparu à la reprise de la rencontre entre le Brésil et la Norvège. L’humanoïde développé par Boston Dynamics, propriété de Hyundai depuis 2021, s’est avancé sur la pelouse pour remettre le ballon officiel à l’arbitre.
Oui, il s’agit d’une scène inédite dans l’histoire de la Coupe du monde, diffusée devant des millions de téléspectateurs. Le public a rapidement dégainé son smartphone. Pour une fois, personne ne cherchait un ralenti du match.
L’entrée d’Atlas à la mi-temps n’a pas consisté en une simple livraison du ballon. Le robot a également reproduit plusieurs célébrations emblématiques de stars du football. Parmi elles, celles d’Erling Haaland, Harry Kane, Matheus Cunha ou encore Son Heung-min.
L’exercice pouvait sembler anecdotique. Pourtant, il représentait un véritable défi technique. Car, contrairement aux anciens robots industriels, Atlas ne repose plus uniquement sur une programmation fixe. Les ingénieurs de Boston Dynamics expliquent désormais entraîner leur machine grâce à l’apprentissage automatique.
Le robot observe des vidéos et exploite des données de capture de mouvement. Puis, il répète virtuellement des millions de simulations avant d’exécuter les gestes dans le monde réel. Autrement dit, il ne mémorise pas seulement une séquence. Il apprend à s’adapter lorsque les conditions changent.
Cette capacité s’est révélée indispensable sur un terrain de football. L’herbe, les irrégularités du sol ou encore la position du ballon compliquent les déplacements d’un robot humanoïde.
Loin des conditions d’un laboratoire
Faire évoluer un robot devant près de 80 000 spectateurs n’a rien d’une démonstration classique. Les ingénieurs ont même dû contourner un problème inattendu. Le Wi-Fi du stade s’est retrouvé saturé par les milliers de téléphones connectés.
Pour maintenir une communication fiable avec Atlas, Boston Dynamics a donc installé un système radio dédié fixé directement sur le robot. Les équipes ont aussi adapté son apprentissage afin qu’il marche et se déplace avec davantage de stabilité sur une pelouse naturelle.
Si cette apparition à la mi-temps du Mondial avait une dimension marketing, elle illustre aussi les ambitions industrielles autour d’Atlas. En effet, Hyundai prévoit de déployer ces robots dans son usine américaine de Géorgie à partir de 2028.
Leur mission sera bien moins glamour que celle d’une Coupe du monde. Ils devraient surtout prendre en charge des tâches répétitives ou considérées comme dangereuses pour les opérateurs humains.
La scène restera malgré tout dans les mémoires. Les joueurs disputaient leur qualification. Pourtant, pendant quelques minutes, les conversations ont davantage tourné autour d’un robot humanoïde que des occasions de but.
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