Google compte bientôt utiliser votre adresse IP pour optimiser ses campagnes publicitaires en Europe. Et bien sûr, cette annonce relance les questions autour de la vie privée.
À partir du 4 août, un changement discret pourrait avoir des conséquences bien visibles pour les internautes de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni et de la Suisse. Comme l’a révélé Bleeping Computer, Google prévoit d’autoriser l’utilisation de l’adresse IP dans le cadre de la mesure publicitaire. Un sujet qui fait déjà grincer quelques dents. Car si la promesse est d’afficher des publicités plus pertinentes, la méthode, elle, soulève plusieurs questions sur le respect du consentement et des règles européennes.
Votre adresse IP entre dans l’équation publicitaire de Google
Jusqu’à présent, Google exploitait essentiellement l’adresse IP pour des fonctions techniques. Parmi elles figurent l’acheminement du trafic ou la diffusion de contenus adaptés à une zone géographique.
Le 4 août, la logique évolue. Les annonceurs pourront également s’appuyer sur cette donnée pour mesurer l’efficacité de leurs campagnes publicitaires et affiner le suivi des utilisateurs.
En Europe, au Royaume-Uni et en Suisse, cette décision ne passe pas inaperçue. L’adresse IP est considérée comme une donnée personnelle au regard du RGPD. Son utilisation à des fins publicitaires nécessite donc, en principe, un consentement valable.
Mais alors, comment Google compte-t-il composer avec le Règlement général sur la protection des données ? C’est ici que le plan devient particulièrement ingénieux. Google transfère simplement la responsabilité du consentement obligatoire sur les épaules des annonceurs tiers.
Ce seront donc aux sites partenaires de quémander légalement votre accord. Bonne chance pour décoder les bannières de cookies, souvent conçues pour vous tromper. La firme se lave les mains d’un processus pourtant complexe et très contesté.
Pourquoi cette décision fait déjà débat
Impossible de passer à côté. Le principal point de friction concerne le profilage des utilisateurs. Une adresse IP ne révèle pas directement votre identité. Mais elle peut contribuer à relier différentes activités en ligne lorsqu’elle est associée à d’autres informations.
Les spécialistes parlent alors d’empreinte numérique, ou fingerprinting. Il s’agit d’une technique qui permet de reconnaître un appareil ou un utilisateur sans passer uniquement par les cookies.
Le plus ironique dans cette affaire ? Google dénonçait encore cette pratique il y a quelques années. En 2019, l’entreprise estimait même que le fingerprinting nuisait au choix des utilisateurs. Depuis, la position du groupe a nettement évolué.
Ce revirement n’a pas échappé aux autorités de protection des données. Au Royaume-Uni notamment, le régulateur chargé de la vie privée avait déjà exprimé ses inquiétudes après les précédents changements de politique de Google. Les prochains mois testeront la conformité de ce dispositif avec le RGPD. Le bras de fer avec l’Europe ne fait que commencer.
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