Apprendre la douleur pour éviter les crashs : le futur des voitures autonomes ?

Les drones pourraient bientôt développer une forme de « douleur ». Rassurez-vous, ils ne vont pas se mettre à crier après un choc. L’idée consiste plutôt à leur donner la capacité de détecter les premiers signes d’un problème avant qu’une panne ne survienne. Et cette innovation pourrait ensuite équiper les voitures autonomes pour les aider à éviter les accidents. 

Quand une personne se tord la cheville en courant, la douleur agit comme un signal d’alarme. Elle pousse immédiatement à ralentir ou à s’arrêter afin d’éviter d’aggraver la blessure. 

Des chercheurs des universités de l’Université de technologie de Delft et de Université de Wageningen se sont inspirés de ce mécanisme. 

« Notre approche est comparable à la manière dont les humains ressentent la douleur », explique le chercheur principal Jasper van Beers. Selon lui, la douleur permet de savoir immédiatement qu’un problème est apparu et d’adapter son comportement. 

Les machines, en revanche, sont généralement incapables d’avoir cette forme de conscience de leur propre état. 

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Mais comment les drones peuvent-elles ressentir quelque chose qui ressemble à la douleur ? 

Eh bien, les chercheurs ont créé un véritable « système nerveux numérique » destiné aux drones. Des indicateurs de détection précoce, appelés signaux de « ralentissement critique ». 

Ce principe provient de l’écologie, où il sert à prévoir l’effondrement d’écosystèmes avant que celui-ci ne se produise. Son rôle est de repérer les premiers signes d’une défaillance et de déclencher une alerte.

Voyez-vous, avant de tomber en panne, un drone, une voiture autonome ou toute autre machine complexe commence généralement à présenter de légères variations dans les données de ses capteurs. 

Cette technologie de détection surveille précisément ces changements en temps réel. Elle n’a besoin ni d’historique des données ni d’un modèle prédictif pour fonctionner. Elle se contente d’analyser ce qui se passe à l’instant présent afin d’identifier une perte progressive de stabilité. 

Pour vérifier son efficacité, les chercheurs ont mené leurs essais au centre de recherche sur les drones CyberZoo. Ils ont progressivement endommagé les pales des rotors de quadricoptères, jusqu’à atteindre 55 % de dégâts à leur extrémité. 

Les premiers problèmes de contrôle sont apparus lorsque la pale avant droite était abîmée à seulement 15 %. Le système, lui, avait déjà détecté l’arrivée de cette instabilité avant que la situation ne devienne critique.

Quel lien avec les véhicules autonomes ?

Si vous voulez tout savoir, cette approche ne se limite pas aux drones. Les chercheurs estiment qu’elle pourrait aussi être intégrée aux voitures autonomes et aux systèmes avancés d’aide à la conduite. Notamment ceux utilisés par les robotaxis. 

Aujourd’hui, lorsqu’un capteur fonctionne mal, qu’un actionneur tombe en panne ou que les conditions de circulation deviennent trop difficiles… Le véhicule risque de perdre le contrôle sans avoir détecté de signe annonciateur.

L’un des principaux atouts de cette technologie est qu’elle exploite uniquement les données déjà produites par les capteurs du véhicule. Aucun nouveau matériel n’est nécessaire. 

Si elle tient ses promesses, elle pourrait permettre aux voitures autonomes de reconnaître leurs propres limites. Ce, avant qu’une défaillance ne se transforme en accident

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