Piratage du fisc : plusieurs centaines de victimes poursuivent l’État en justice

Le piratage du fisc ne passe décidément pas, car plusieurs centaines de victimes attaquent désormais l’État en justice. Ils veulent obtenir réparation après la fuite de leurs données personnelles. 

Le piratage de la DGFiP ne s’arrête pas à une fuite massive de données. Après les alertes et les tentatives d’arnaque, les victimes passent désormais à l’étape supérieure et se retournent vers la justice. L’initiative vient de Me Jérémy Roche, avocat au barreau de Béziers spécialisé dans la protection des données. Il a annoncé le 24 août sur franceinfo le regroupement de plusieurs centaines de victimes. La démarche s’appuie notamment sur le RGPD. 

Retour sur le piratage de la DGFiP

La DGFiP avait confirmé le 14 août deux intrusions survenues fin juin et fin juillet. Ces attaques ont exposé les données d’au moins 678 000 particuliers et professionnels. Bercy a aussi reconnu une troisième fuite de données du fisc le 18 août, cette fois liée aux successions.

Les informations concernées ne se limitent pas à un simple nom. Elles comprennent notamment des adresses, des revenus fiscaux et des quotients familiaux. De quoi donner aux escrocs des informations très précises pour rendre leurs tentatives crédibles.

Le timing soulève aussi des questions. Près de sept semaines séparent la première intrusion de la communication publique de la DGFiP. L’administration n’a communiqué qu’après la revendication du piratage par un pirate.

Les victimes du piratage du fisc veulent donc désormais obtenir réparation. Leur recours s’appuie notamment sur l’article 82 du RGPD. Ce texte prévoit une indemnisation lorsqu’une violation du règlement provoque un dommage matériel ou moral.

Des victimes du piratage du fisc craignent pour leur sécurité

Pour rejoindre la procédure, il faut avoir subi la fuite et pouvoir démontrer un préjudice. Selon l’avocat, la plupart des personnes concernées évoquent au minimum un préjudice moral.

Certaines situations paraissent toutefois plus préoccupantes. Des professions sensibles pourraient notamment craindre pour leur sécurité après l’exposition de leur adresse ou de leur situation familiale.

D’autres personnes ont déjà reçu des tentatives d’arnaque. La fuite pourrait faciliter des messages ou appels particulièrement convaincants. Les dépenses engagées pour renforcer leur sécurité pourraient également entrer dans les demandes. L’avocat évoque notamment l’installation d’alarmes ou de caméras selon la situation de chaque victime.

Bref, pour les victimes, cette procédure représente donc bien plus qu’une simple demande d’indemnisation. Elle permet aussi de demander des comptes après une fuite qui touche des informations particulièrement sensibles.

La justice devra maintenant déterminer les responsabilités et examiner les préjudices invoqués. Tout laisse penser que cette affaire est loin d’être terminée.

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