Ryanair et AWS : comment faire évoluer un contrat cloud vers une plateforme d’IA opérationnelle ?

Ryanair et AWS prolongent leur partenariat pour cinq ans. La compagnie aérienne entend désormais exploiter l’IA générative et ses données opérationnelles. Et cela pour optimiser ses vols, améliorer l’expérience client et renforcer sa productivité. Un cas d’école que de nombreuses DSI cherchent à reproduire. Surtout pour les entreprises qui veulent transformer une migration cloud réussie en plateforme d’IA créatrice de valeur métier.

Ryanair et Amazon Web Services (AWS) ont annoncé le 27 juillet la prolongation de leur collaboration pour cinq années supplémentaires. Après avoir modernisé son infrastructure cloud, la première compagnie aérienne d’Europe mise maintenant sur Amazon Bedrock, Amazon Quick et l’IA agentique. C’est pour accélérer ses opérations et mieux exploiter ses données. 

Ainsi, l’accord couvre l’ensemble des opérations de Ryanair. Depuis son site de réservation jusqu’à la planification de 647 appareils et près de 3 900 vols quotidiens. En passant par des applications d’IA générative destinées aux employés et aux passagers.

Ryanair passe du Lift & Shift à l’IA opérationnelle avec AWS

Pour un décideur IT, je pense que la véritable information n’est pas la durée du contrat. Elle réside plutôt dans son évolution. Lors de la première phase de la collaboration entre Ryanair et AWS, l’objectif était de moderniser l’infrastructure, absorber les pics de trafic du plus grand site web de compagnie aérienne d’Europe et réduire les coûts d’exploitation grâce à , la flexibilité du cloud.

Aujourd’hui, cette étape est largement achevée. Le nouveau partenariat entre AWS et Ryanair montre qu’une fois la migration terminée, la donnée devient le principal actif à exploiter. Les investissements portent à présent sur des outils capables d’interpréter ces données pour accélérer les décisions opérationnelles. Et non plus prioritairement sur les serveurs ou le stockage.

Ryanair a donc choisi d’intégrer Amazon Quick, Amazon Bedrock et Bedrock AgentCore. Les collaborateurs peuvent interroger les données internes en langage naturel et accéder plus rapidement aux informations métiers. Ou encore automatiser certaines tâches grâce à des agents IA. Alors, l’infrastructure cloud cesse d’être un simple socle technique pour devenir un environnement d’aide à la décision.

Cela intéresse les DSI confrontées à une nouvelle question budgétaire. Il devient plus difficile de justifier de nouveaux investissements cloud uniquement par des gains techniques. Surtout après plusieurs années consacrées à la modernisation des infrastructures. Par contre, rattacher ces dépenses à des indicateurs métiers change la nature du retour sur investissement. Comme la réduction des délais opérationnels, l’amélioration de la productivité ou l’optimisation de l’expérience client.

Comment l’IA améliore les opérations et le service client ?

Le renouvellement du partenariat entre Ryanair et AWS met également en évidence des cas d’usage très concrets.

Sur le plan opérationnel, l’objectif de Ryanair est d’améliorer la gestion quotidienne d’une flotte de plusieurs centaines d’avions. Les informations issues des appareils, des plannings et des opérations peuvent alimenter des modèles prédictifs. Et cela, afin d’anticiper certains besoins de maintenance, limiter les immobilisations et optimiser la rotation des avions. Ce type d’optimisation possède un impact financier direct. Notamment dans un modèle économique low cost, où chaque minute passée au sol représente un coût.

L’autre volet concerne les collaborateurs et les clients. Ryanair déploie son application interne Ryanair Connect, que Amazon Bedrock enrichit. Les équipages peuvent donc consulter leurs plannings et effectuer certaines démarches administratives. Ils peuvent aussi interroger un chatbot interne sur les procédures ou les formations. AWS évoque également des assistants conversationnels destinés aux voyageurs. Ceux-ci pourront accompagner la recherche de destinations ou de fluidifier certaines interactions avec la compagnie.

Ces exemples montrent que l’IA générative ne remplace pas les applications existantes. Elle orchestre et exploite les données déjà disponibles. Afin de réduire les temps de recherche d’information et d’automatiser les interactions répétitives.

A mon avis, la principale leçon pour les responsables de la transformation numérique dépasse donc le secteur aérien. Une migration cloud n’est plus une finalité. Elle constitue dorénavant le prérequis qui permet de déployer des applications d’IA capables d’améliorer des indicateurs métiers mesurables. 

Le partenariat renouvelé entre Ryanair et AWS prouve alors que la création de valeur ne dépend plus de l’hébergement des systèmes. Mais de la capacité à transformer les données opérationnelles en décisions. Plus rapides, plus précises et directement reliées aux performances de l’entreprise.

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