Ces robots ont réussi une opération chirurgicale… avec des outils classiques

Les robots humanoïdes continuent de m’épater. Deux d’entre eux viennent par exemple juste de réussir à retirer la vésicule biliaire d’un cochon lors de deux opérations distinctes. C’est une vraie première. 

Et savez-vous le plus étonnant ? Ils ont utilisé les mêmes équipements que ceux que l’on trouve dans un bloc opératoire classique. Bien entendu, ces robots ne réalisaient pas l’opération de manière entièrement autonome.

Ils étaient pilotés à distance par des chirurgiens de l’université de Californie à San Diego. L’intervention s’est déroulée sous la surveillance d’un vétérinaire pendant toute l’anesthésie de l’animal. 

Dans un premier temps, un chirurgien a assisté un robot pendant l’opération. Ensuite, les deux robots, baptisés Surgie, ont travaillé ensemble sans qu’un humain intervienne directement sur les gestes chirurgicaux. 

Hauts de 1,52 mètre pour seulement 27 kilos, ils ont manipulé des instruments de laparoscopie standards avec précision. 

Surgie : plus léger, plus accessible 

À l’origine de ce projet se trouve Michael Yip, professeur en génie électrique et informatique à l’université de Californie à San Diego. Avec une équipe de chirurgiens, il a imaginé des robots capables d’assister les médecins et, à terme, de compenser le manque de chirurgiens spécialisés dans certaines régions. 

L’un des principaux atouts de Surgie est son format. Avec seulement 27 kilos, il est près de trente fois plus léger que le célèbre robot chirurgical da Vinci d’Intuitive Surgical, qui dépasse les 800 kilos. 

Contrairement à ce dernier, qui fonctionne avec des instruments propriétaires, Surgie utilise des outils chirurgicaux classiques grâce à des adaptateurs spécialement développés par les chercheurs. Ce qui pourrait simplifier son déploiement et limiter les coûts. 

Pour info, aujourd’hui, plus de 5 500 robots da Vinci sont installés dans les hôpitaux du monde entier. Chaque système coûte environ 2,2 millions d’euros, installation comprise. Le marché de ces robots chirurgicaux est estimé à 2,5 milliards d’euros et pourrait dépasser les 7,6 milliards d’euros d’ici 2033. 

Enfin des robots chirurgiens opérationnels ?

Cette démonstration est impressionnante. Pour autant, cela ne signifie pas que les robots sont prêts à remplacer les chirurgiens. Les deux essais ont pris davantage de temps qu’une opération réalisée avec un système da Vinci. 

Pendant l’intervention, la chirurgienne Shanglei Liu a dû recalibrer le robot à plusieurs reprises afin de maintenir une précision optimale. Pour le moment, chaque mouvement reste donc contrôlé par un spécialiste. 

Par ailleurs, les chercheurs travaillent aussi à réduire le délai entre les commandes du chirurgien et les mouvements du robot. Le but est de rendre la téléopération plus fluide afin de permettre des interventions à très longue distance. 

Malgré ses imperfections, à terme, cette technologie pourrait servir dans des zones isolées, des régions dépourvues de spécialistes ou encore des missions humanitaires. De même dans des champs de bataille ou lors de futures missions spatiales. 

Surgie pourrait également se voir confier d’autres missions dans le bloc opératoire. Comme il est à même de marcher et de manipuler différents objets, il pourrait aider. Apporter les instruments aux chirurgiens, préparer la salle ou pourquoi pas participer au rangement après une intervention. 

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