Les tableaux noirs, les vidéoprojecteurs, les tablettes… et maintenant les robots humanoïdes. Une école de l’ouest de l’État de New York a décidé d’investir dans un modèle doté d’intelligence artificielle (IA) baptisé Sally.
Comme d’autres robots déjà testés dans certains établissements américains, Sally n’est pas censé remplacer un enseignant dans l’immédiat. Son rôle consiste surtout à servir d’interface pour un professeur à distance.
Le district scolaire de Salamanca City Central va débourser près de 57 600 dollars pour cet assistant. Énorme, vous ne trouvez pas ? Et pourtant, ce tarif est considéré comme une bonne affaire puisque Sally coûte normalement 95 000 dollars.
Sally, un robot issu d’une famille de poupées sexuelles
Si vous voulez tout savoir, Sally est conçu par Realbotix, une société spécialisée dans les robots humanoïdes alimentés par l’IA. Jusqu’en mai 2024, cette entreprise portait un tout autre nom : Tokens.com.
Quelques semaines avant ce changement d’identité, elle avait racheté Simulacra Corporation, plus connue aujourd’hui sous le nom d’Abyss Creations. Et c’est là que ça devient intéressant.
Au fait, Abyss Creations est célèbre pour fabriquer ses RealDoll. Des poupées sexuelles grandeur nature commercialisées depuis plusieurs années. Sur le site de Realbotix, les robots sont présentés comme des assistants offrant de la compagnie et luttant contre la solitude.
L’entreprise explique même vouloir répondre à ce qu’elle considère comme une véritable épidémie d’isolement social en Amérique du Nord. En d’autres termes, la même société qui développe des compagnons intimes pilotés par IA produit désormais des robots destinés à des écoles.
Difficile de ne pas lever ses sourcils, tant ce détail est dérangeant. Attention toutefois : cela ne signifie pas que Sally possède les mêmes fonctions ni qu’il s’agit d’un robot sexuel utilisé à l’école.
Le robot éducatif est conçu pour des usages totalement différents. Ce qui dérange, c’est surtout le lien entre les sociétés et leur historique industriel.
Au-delà de ces aspects, disons, insolites : des tas de questions
En effet, cette situation soulève des questions. Genre, pourquoi investir des dizaines de milliers de dollars dans un robot humanoïde pour des tâches qu’un équipement informatique classique accomplit déjà ?
Car oui, un ordinateur portable, une webcam et une connexion Internet remplissent déjà la fonction destinée à Sally. Et ce, pour une fraction du prix. La présence physique du robot apporte certes un côté spectaculaire. Mais difficile de savoir si elle justifie un tel investissement.
Pour certains observateurs, ces expérimentations pourraient préparer le terrain à une automatisation progressive de certaines tâches éducatives. Bref, l’école du futur prend forme.
D’autres questions concernent également les données. Un robot équipé de caméras, de micros et d’une IA collecte forcément une grande quantité d’informations lorsqu’il interagit avec des élèves.
Aucune preuve ne montre que Realbotix utilise ces données pour entraîner ses modèles d’IA dans le cadre scolaire. Néanmoins, la question de la confidentialité mérite d’être examinée de près, surtout dans un environnement scolaire.
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