Le FBI s’est construit sa propre petite ville… juste pour se faire hacker 

Le FBI a créé une véritable petite ville pour s’entraîner aux cyberattaques. Baptisé Kinetic Cyber Range, ce site s’étend sur une superficie de plus de 2 000 mètres carrés.

Le FBI a ouvert ce centre d’entraînement à Huntsville, dans l’Alabama, l’an dernier. Il est opérationnel depuis. Toutefois, l’agence américaine est restée discrète. Ce n’est que cette semaine que l’agence a publié une vidéo dévoilant pour la première fois les coulisses de cette étrange ville fantôme. 

Et figurez-vous que dans ce site, les cyberattaques sont non seulement autorisées, mais carrément encouragées.

Une ville dédiée à la cyberattaque signée FBI

Kinetic Cyber Range reproduit des lieux du quotidien, comme un hôtel, une station-service ou encore un hôpital. Cette ville miniature du FBI comprend même une supérette ainsi que plusieurs maisons entièrement équipées. 

Tous les bâtiments et infrastructures sont reliés entre eux comme dans une vraie ville. Le site possède même son propre centre de données abritant plus de 200 serveurs.

Le but est de recréer des situations réalistes pour former les agents et mener des recherches sur les menaces informatiques modernes. Et comme dit tout haut, les experts peuvent les pirater, les infecter avec des logiciels malveillants et les analyser sans danger. 

Car voyez-vous, cette ville numérique est totalement isolée d’Internet et du monde extérieur. Aucune fuite de malware ou de code malveillant ne peut donc s’échapper du réseau. Ce qui évite qu’un exercice de formation ne se transforme en véritable incident. 

Depuis son ouverture, plus de 1 400 agents du FBI et membres d’autres agences fédérales y ont déjà été formés. Il faut toutefois noter que les participants ne travaillent pas du tout de la même manière. 

agent du FBI dans une ville dédiée à la cyberattaque

Certains s’exercent à analyser des systèmes multimédias automobiles, des réseaux hospitaliers ou encore des infrastructures d’entreprise. D’autres étudient la manière dont une cyberattaque peut perturber un réseau électrique ou se propager à travers des appareils domestiques connectés.

Différents spécialistes y sont formés

En effet, le centre réunit des spécialistes aux approches très différentes. Les experts en informatique légale, ou forensique numérique, travaillent souvent sur des preuves matérielles.

Téléphones, disques durs ou serveurs saisis lors de perquisitions… Leur travail commence généralement par un objet physique.

Les enquêteurs spécialisés dans la cybercriminalité internationale, uant à eux, font face à une réalité bien différente. Stephanie Cassioppi, qui dirige la formation cyber à Huntsville, explique que leurs adversaires se trouvent souvent à l’étranger. 

Dans ces affaires, mettre la main sur l’ordinateur d’un pirate relève presque de l’impossible. Ces équipes reconstruisent donc les attaques à partir de traces numériques : journaux système, flux réseau ou activités suspectes. 

Dans le Kinetic Cyber Range, les services comme Active Directory, les messageries professionnelles et les pare-feu fonctionnent comme dans une véritable entreprise. Ce qui offre un environnement extrêmement réaliste pour l’entraînement.

Au rez-de-chaussée du campus nord, situé à Redstone Arsenal, les exercices sont encore plus différents. Des agents y démontent l’intérieur d’une voiture, retirent panneaux et revêtements.

Puis suivent les câbles jusqu’au calculateur électronique central. Car cet ordinateur embarqué conserve de nombreuses informations sur l’utilisation du véhicule et ses déplacements. 

Qu’est-ce que cette ville miniature change pour le FBI ?

Pendant longtemps, la formation du FBI reposait principalement sur des cours théoriques. Les agents découvraient les outils numériques en salle de classe avant de les utiliser pour la première fois sur le terrain.

Le Kinetic Cyber Range change complètement cette approche. Dans cette ville factice, les stagiaires doivent prendre des décisions comme lors d’une enquête réelle. 

Ils choisissent quels appareils saisir dans une maison connectée. Ils négocient l’accès à des données d’entreprise avec des administrateurs système. Mieux encore, ils échangent avec des acteurs jouant le rôle de dirigeants ou de conseillers juridiques. 

Ces simulations reproduisent fidèlement le travail effectué sur le terrain. Du moins, selon Dave Beachboard, responsable du programme au sein de la Division des technologies opérationnelles du FBI.

Sauf qu’ici, l’erreur n’est pas sanctionnée. Elle est encouragée. Le FBI considère ces échecs comme des occasions d’apprentissage avant les véritables opérations. Après tout, mieux vaut se tromper dans une fausse ville que pendant une enquête bien réelle. 

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