Microsoft lutte contre les cyberattaques boostées à l’IA avec… toujours plus d’IA 

Microsoft mise plus que jamais sur l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer la cybersécurité. L’entreprise vient de présenter une série de nouveaux outils. Ceux-ci sont destinés à aider les organisations à détecter les failles de sécurité, évaluer les risques et automatiser leur correction. 

La première nouveauté dévoilée s’appelle Microsoft AI-Cyber-1-Flash. Elle est directement intégrée à MDASH. Une plateforme dévoilée en mai qui rassemble une centaine d’agents d’IA spécialisés dans la recherche de vulnérabilités exploitables. 

Le second outil se nomme Project Perception. Selon le géant américain, ces solutions sont plus performantes que celles de ses concurrents. Mais en plus, elles sont moins coûteuses à utiliser. 

À la chasse aux vulnérabilités… 

Microsoft AI-Cyber-1-Flash est le premier modèle d’IA développé par Microsoft spécialement pour la cybersécurité. Son rôle consiste à repérer les vulnérabilités logicielles et à aider à leur correction avant qu’elles ne soient exploitées par des cybercriminels. 

Ce modèle repose sur la plateforme MAI-Thinking-1 et a été entièrement conçu en interne. Microsoft le décrit comme un modèle compact, fortement orienté vers l’analyse de code et entraîné avec des données de très haute qualité. 

L’entreprise explique que cette IA bénéficie de plusieurs décennies d’expérience acquises. Cela, dans la correction de failles de sécurité comme dans la gestion d’incidents sur l’ensemble de ses produits. 

Microsoft affirme analyser plus de 1 000 milliards de signaux de sécurité chaque jour et tirer parti des retours provenant de plus de 1,6 million de clients. Selon la société, cette immense quantité de données lui permet d’aller au-delà de la simple détection des menaces. 

Elle serait capable de comprendre quelles attaques ont réellement été exploitées. Lesquelles ont été bloquées. Et quelles méthodes de défense se sont montrées les plus efficaces. 

Project Perception : l’équipe de cybersécurité de Microsoft… version IA 

Contrairement à AI-Cyber-1-Flash, il ne s’agit pas là d’un unique modèle. Nous avons plutôt affaire à une équipe d’agents d’IA qui se répartissent les tâches comme le feraient des spécialistes de la cybersécurité. 

Certains recherchent des vulnérabilités. D’autres évaluent leur niveau de risque. Et pendant ce temps, d’autres encore proposent ou appliquent des correctifs. La plateforme choisit automatiquement le modèle le plus adapté à chaque mission. 

Comment ? En tenant compte de son efficacité, de son coût et des résultats obtenus lors de nombreux tests. Microsoft estime que Project Perception peut réaliser environ 90 % des tâches de sécurité. Et ce à un coût inférieur à celui des plateformes concurrentes. 

Les entreprises pourraient ainsi réserver les solutions les plus onéreuses aux situations les plus complexes, qui représenteraient les 10 % restants. 

De son côté, la nouvelle version de MDASH intégrant AI-Cyber-1-Flash aurait obtenu un score de 96 % lors du benchmark CyberGYM. Ce résultat dépasserait de 12 points celui de Mythos, développé par Anthropic.

Il surpasse donc également les performances de Google Gemini et des modèles GPT d’OpenAI. Et pourtant, cette nouvelle génération de la plateforme coûte environ deux fois moins cher à faire fonctionner que la précédente. 

Et si l’histoire se répète ?

Si vous voulez tout savoir, cette annonce intervient dans un contexte particulier. Quelques jours auparavant, OpenAI révélait avoir perdu le contrôle de deux de ses modèles de sécurité après une intrusion sur les serveurs de la plateforme Hugging Face. 

D’après cette dernière, l’attaque a reposé sur des dizaines de milliers d’actions automatisées ayant permis de voler des identifiants internes. Les modèles d’OpenAI auraient exploité une vulnérabilité zero-day dans le système de traitement des données de Hugging Face.

Cela leur a permis d’exécuter du code malveillant et d’accéder à des ressources critiques hébergées dans le cloud. Microsoft n’a fait aucune référence à cet incident lors de sa présentation. 

Le groupe s’est contenté d’expliquer que ces nouveaux outils répondent à une évolution profonde du paysage des cybermenaces. Il estime que les attaques alimentées par l’IA progressent à une vitesse telle que les méthodes de défense traditionnelles ne suffisent plus. 

Voyez-vous. Les équipes de cybersécurité doivent aujourd’hui analyser d’immenses volumes de données, relier des événements entre eux et évaluer rapidement les risques. Microsoft considère que l’IA devient indispensable pour suivre ce rythme et automatiser une partie de ces opérations. 

L’entreprise n’a toutefois pas expliqué quels mécanismes empêcheraient ses propres outils d‘IA de connaître un scénario similaire à ceux d’OpenAI.

Et pourtant, cet incident rappelle que les IA peuvent être détournées ou se comporter de manière inattendue lorsqu’elles sont confrontées à certaines situations. Microsoft promet des outils plus efficaces et moins coûteux, c’est beau.

Encore faudra-t-il accompagner leur déploiement d’évaluations rigoureuses afin de s’assurer qu’ils ne créent pas de nouveaux risques.  

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