Une visioconférence sur Zoom, parfois on n’a pas le choix. On est obligé d’y participer. Ce qu’on ignore c’est qu’elle peut servir de porte d’entrée à une attaque informatique.
Voyez-vous, des chercheurs en cybersécurité ont découvert une faille dans la plateforme. Celle-ci permettrait à une personne malveillante de prendre le contrôle d’un appareil pendant un partage d’écran.
Cette vulnérabilité pouvait affecter tous les systèmes d’exploitation pris en charge par Zoom. Cela comprend Windows, macOS, Linux, iOS et Android.
Quels sont les risques ?
Les chercheurs de la société A Security ont découvert cette vulnérabilité au début du mois de juin. Et pas dans une fonction particulièrement évidente de Zoom.
Elles concernaient plus précisément le protocole utilisé pour les annotations en temps réel pendant le partage d’écran. Cette fonction permet notamment aux participants de dessiner, écrire ou ajouter des éléments directement sur l’écran partagé pendant une réunion.
Pourquoi les chercheurs se sont intéressés à une fonction aussi anodine ? Tout simplement parce qu’elle est assez complexe et peu visible. Elle attire donc moins l’attention que les éléments les plus utilisés d’un logiciel et peut passer plus facilement entre les mailles du filet.
Et pourtant, si un individu malveillant l’exploite, les conséquences ne sont pas des moindres. Selon les chercheurs, une attaque potentielle aurait pu fonctionner contre n’importe quel participant de la visioconférence. Même l’organisateur de la réunion.
Par ailleurs, aucun indice visible ne signalait l’attaque. La victime n’avait pas besoin d’installer un programme suspect. Nul besoin de cliquer sur un lien piégé non plus. Il suffisait de participer à un appel avec partage d’écran. Elle pouvait donc poursuivre l’appel sans se douter de quoi que ce soit.
À cause de cette faille, faut-il carrément abandonner Zoom ?
Il faut l’avouer, cette faille est inquiétante. Yossi Torati, autre cofondateur d’A Security, estime même que le risque concernait aussi les entreprises.
Car un attaquant ayant compromis l’ordinateur d’un salarié pouvait ensuite récupérer ses identifiants. Il pouvait alors tenter de circuler vers d’autres systèmes de la boîte.
Heureusement, la bonne nouvelle, c’est que cette histoire ne se termine pas par « désinstallez Zoom immédiatement ». Les failles ont été corrigées.
Zoom a déployé des correctifs côté serveur et côté client. Cela concerne donc à la fois ses propres infrastructures et les applications installées sur les appareils des utilisateurs.
Cela étant, cette affaire reste intéressante pour une autre raison. Au fait, les chercheurs doivent cette découverte à une intelligence artificielle (IA). Un modèle accessible au public. Et il leur aurait fallu moins de 20 tentatives.
Jusqu’à présent, identifier ce type de problème demandait souvent des compétences spécialisées et beaucoup de temps. Savoir que des outils accessibles au public peuvent faciliter à ce point la recherche de vulnérabilités est donc tout aussi inquiétant que la faille elle-même.
- Partager l'article :
